Changeons de paysage !
L’embellie écologique
Ouvrage du collectif PAP, Paysage après pétrole
Préface de Jean Jouzel, postface de Gilles Clément
Aux éditions du Moniteur, 2025
Il m'est souvent arrivé de reprocher aux tenants de l’écologie de mettre l'accent sur l'épreuve, la transition, et d’oublier d’évoquer les bénéfices attendus, ceux de l’ère « après pétrole ». Le collectif PAP, paysage après pétrole, s’est judicieusement donné pour mission d’explorer les perspectives ouvertes par la transition. Nul doute que le paysage en sera transformé, l’enjeu est donc de se donner les moyens de piloter le changement et de « cheminer vers la beauté ».
« Changeons de paysage – l’embellie écologique » est la somme de contributions d’une quarantaine de professionnels d’origines variées : paysagistes et jardiniers, bien sûr, mais aussi agronomes, écologues, forestiers, économistes, géographes, architectes et urbanistes, philosophe et sociologue, climatologue et énarque. Une diversité de regards qui donne à l’ouvrage une force particulière, chaque profession relatant son expérience à partir de cas concrets. Tous les métiers mènent au paysage.
Le paysage est ici présenté « comme un fil rouge de leurs pratiques d’intervention, mais plus généralement, celui d’une histoire qui nous traverse ». Le paysage est l’affaire de tous, et il offre aux citoyens la possibilité de s’exprimer. « Intimement lié aux dynamiques économiques et sociale, [il] ouvre la perspective d’une transition écologique heureuse dont il devient la clé de voûte ».
Les contributions permettent d’entrer dans le sujet de mille façons, avec une constante, que « le paysage est à la fois l’objectif et le levier méthodologique ». Les auteurs reprennent à leur compte la formule de Platon, le paysage « incarnation sensible de l’idée du bien ». Après s’être rappelé tout ce dont ne voulons plus, comme les méfaits de la publicité sur le paysage et au-delà, nous voilà partis sur des questions générales, comme le tourisme, la production, l’énergie, et très vite vers des types de paysages qui appellent des approches particulières : urbains et ruraux, pastoraux, viticoles, littoraux, périphériques, de terrasses et même sous-marins, avant, toujours à partir de cas concrets, de parler de concertation, de pédagogie, de lecture du paysage. « Autant d’expériences de transitions territoriales vers un équilibre plus juste et plus prudent entre leurs forces politiques, leurs dynamiques de société, leur économie et leur substrat écologique, » toujours sans oublier la beauté « qui nous émeut et nous unit ».
Dans la postface, Gilles Clément ne cache pas l’ambition de la démarche : « Changer le paysage signifie changer de regard, modifier la portée et le sens de nos symboles culturels, oser la proposition de nouveaux modes de vie ».
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Commentaires
merci pour votre note de lecture.
Au plaisir,
Bien cordialement,
Françoise Paquelot