Climat – Les énergies de l’espoir
Cédric Philibert
Les Petits Matins, 2025
Un livre pour donner de l’espoir. Un livre qui explore les pistes pour relever le défi du dérèglement climatique. Les solutions existent, peut-être encore insuffisantes, mais en progression à la fois en audience et en niveau de performance. Ce sont les énergies de l’espoir, renouvelables, décarbonées et en quantité largement supérieure à nos besoins.
Des solutions toutefois contestées et attaquées de différents côtés, par ceux qui voudraient continuer comme avant, par les tenants de la décroissance ou les fervents du nucléaire. Des oppositions disparates, mais qui occupent de terrain médiatique et jettent le trouble dans l’opinion. Tout au long du livre, l’auteur, à l’issue notamment de 20 années passées à l’Agence internationale de l’énergie, AIE, répond point par point aux critiques, et nous donne un incontournable état des lieux.
C’est le soleil, grand copain de Brigitte Bardot (1), qui est la principale source de ces énergies. Le soleil en direct ou par ses multiples transformations, mouvements d’air, biomasse, y compris fossile, chaleur. La planète Terre capte cette énergie de différentes manières selon les lieux et les saisons, et au total la ressource est abondante et même surabondante. Le problème est de la rendre accessible en permanence.
Cédric Philibert passe en revue toutes ces formes d’énergie solaire, et décrit le potentiel de chacune d’elles et leurs limites. Malgré les obstacles, le solaire photovoltaïque, l’éolien et l’hydraulique ont de beaux jours devant eux, et pourraient représenter en 2050 90% de nos besoins en électricité. Nous sommes entrés dans la phase d’accélération, avec des prix et des performances qui se sont beaucoup améliorés et qui continueront à le faire.
Il n’y a pas que l’électricité, me direz-vous. Bien sûr, notamment pour les transports et l’industrie, mais ce n’est pas une fatalité. L’électrification des usages, y compris dans ces secteurs, est en route, y compris parmi les plus gros demandeurs d’énergie, comme la métallurgie, le plastique ou le ciment. Il y a encore du chemin à faire, des progrès à réaliser, mais la dynamique est là, et les intérêts économiques aussi. Résistent toutefois les bateaux et surtout les avions, pour lesquels l’électrification est pour l’instant hors d’atteinte. Cette tendance à l’électrification est incontournable pour décarboner l’économie, tout en réduisant la consommation d’énergie, ce qui produit le paradoxe apparent, nous allons vers moins d’énergie au total, mais plus d’électricité.
L’énergie solaire est surabondante, mais pour en profiter, ne faut-il pas puiser dans d’autres ressources, qui, elles, ne le sont pas ? Il s’agit de métaux, de terres rares, d’eau, et aussi des richesses de la nature, la biodiversité qui pourrait être mise en danger par l’extraction des ressources minérales. Des critiques souvent entendues, et auxquelles l’auteur apporte des réponses documentées, souvent en référence aux prélèvements d’aujourd’hui, à l’ère des énergies fossiles, et aux dégâts occasionnés. L’ère du solaire n’est pas sans impacts sur différents aspects de l’environnement, mais ils sont bien moindres que ceux observés actuellement, notamment parce que « le photovoltaïque est bien plus efficace que la photosynthèse pour capter l’énergie du soleil ». Par exemple un hectare de biocarburants permettra à une voiture thermique de parcourir 42 600 km, tandis qu’un hectare de photovoltaïque produit assez d’électricité pour qu’une voiture électrique équivalente parcoure 7 millions de kilomètres. Un rapport de 1 à 164.
Il reste l’argument de la décroissance seule voie, selon certains, pour contenir le réchauffement de la planète. Le degré de décroissance qu’il faudrait atteindre tout en permettant aux populations les plus déshéritées de la planète de relever leur niveau de vie serait l’objet d’un rejet tel qu’il semble irréaliste. Bien sûr, les excès de la société de consommation doivent être condamnés, ce qui conduit à une modération, souvent appelée sobriété. Nos modes de vie seront affectés, inévitablement, mais la sobriété ne parviendra pas à la neutralité carbone sans l’apport des énergies de l’espoir.
Un livre éclairant, très bien documenté, où l’abondance de chiffres ne doit pas décourager le lecteur en ces temps de désinformation.
1 Selon la chanson de Jean-Max Rivière « Coquillages et crustacés »,
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