“ Le dictionnaire du développement durable pour tous. libre pensée de l’écologie, d’une écologie facile,
avec les mots de tous les jours, mis à jour chaque semaine. ”

Edito du 22 janvier 2020

Au-delà du contrôle continu

dominique bidou verti

La décentralisation est à nouveau sur la selette, avec l'hostité manifestée par les enseignants face au contrôle continu : Une possibiliré d'écarts importants dans les niveaux exigés dans les différents établisements, et un risque d'inégalités qui menacerait l'unité républicaine. Au-delà de cette question d'actualité, la décentralisation est souvent source de débats du fait de la confrontation entre deux aspirations légitimes l'une et l'autre. D'un côté, la décentralisation provoque inévitableent des différences de traitement d'un teritoire à l'autre, lesquelles peuvent être interprétées comme des failles dans la recherche d'égalité inscrite dans nos principes fondateurs. De l'autre, la demande est forte de la part des citoyens d'une proximité avec les dirigeants, notamment ceux qu'ils ont élus. La décentralisation permet en outre d'adapter les solutions aux contextes locaux, eux-mêmes plus ou moins favorables, avec le risque d'accroître les écarts. Mais aussi la possibilité des les réduire, de plusieurs manières. Soit en valorisant au mieux ses propres atouts, plutôt que de se caler sur des modèles inadaptés, soit en activant une forme de solidarité de manière à ce que les régions les plus favorisées soutiennent celles qui auraient moins de chances. Ces deux aspirations ne sont donc pas contradictoires par nature, et il doit bien y avoir une manière de les conjuguer. La grande phase de décentralisation qu'a connu la France en 1982 et 1983 a laissé une latitude aux collectivités locales de s'administrer selon leurs voeux, sans que l'unité nationale ne soit effritée, et, dans de nombreux pays démocratiques la décentralisatoin ne provoque pas d'inégalités. Elle a permis de réduire celles qui existaient avant, au point que les régions les plus riches rechignent parfois à payer pour les pauvres. Ce n'est donc pas la décentralisation en soi qui est en cause, mais la politique qui est menée. 

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Note de lecture

La modernisation de l’Etat

l arbre dans tous ses etats Une promesse trahie ?
Patrick Gibert et Jean-Claude Thoenig, ©Classiques Garnier, 2019

« L’élite ou technostructure administrative en place a une oreille sélective, n’écoutant guère que ce qui est compatible avec la culture-maison et avec sa façon de faire, quitte à disqualifier l’expérience et les recommandations des « étrangers ».
L’analyse fine des tentatives de modernisation de de l’Etat est révélatrice de la manière de penser de l’administration, de la difficulté d’intégrer de nouvelles données. Les auteurs présentent la modernisation comme « le travail à effectuer pour diminuer l’écart entre le mode de gouvernance de l’Etat, sa manière d’agir, son comportement à l’égard de la société civile et des valeurs dominantes de la société ». En ce qui concerne le développement durable, nouveau mode de penser, nous sommes mal partis ! Voilà une « valeur dominante » qui a bien du mal à trouver grâce dans l’organisation de l’Etat. La « récurrente incapacité d’apprentissage » de la haute administration, attachée à sa doxa, est un des obstacles à surmonter pour que l’Etat se mette à jour face aux nouvelles préoccupations, inexistantes dans la « science administrative » qui préside à son fonctionnement. Une science marquée par de nombreux aphorismes qui laissent penser que la promesse de la modernisation a été trahie, comme le sous-titre le laisse entendre.

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Reprise

Ministère

responsabilite
Le développement durable est par nature universel : il touche à tout. Comment le prendre en charge dans une configuration ministérielle ?

Le ministère de l'Environnement a été qualifié par son premier titulaire de ministère de l'impossible. Que dire alors du ministère du développement durable ?
La composition du nouveau gouvernement, Fillon 3, a provoqué des débats sur la meilleure manière d’intégrer le développement durable à l’action gouvernementale. Les partisans de grand ministère ont été déçus et l’on fait savoir.
L’énergie et la mer semblent avoir quitté le navire du développement durable, confiné si on ose dire à l’Environnement, aux transports, à l’urbanisme et la construction. Le réchauffement climatique restera toutefois dans le giron du nouveau ministère, qui conduira les négociations internationales sur le sujet. On le voit, les problèmes de frontières, les enclaves, les revendications territoriales sont toujours bien présents, signe de la complexité de la question.
Une première option a été évacuée depuis longtemps. Evoquons-la pour fixer le cadre. Un ministère dédié exclusivement au développement durable, formule qui n’a jamais existé à moins de confondre environnement et développement durable, ce qui serait une erreur manifeste. Un ministère qui pourrait être petit par la taille, mais fort par sa place politique, aux côtés du Dieu le Père, type Vice Premier ministre cher à Nicolas Hulot. Un ministère chargé d’orienter le travail des autres, chacun restant responsable de ses actes. Un ministère qui distribuerait des quotas de CO2 ou de biodiversité, comme celui du budget distribue des crédits.

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