“ Le dictionnaire du développement durable pour tous. libre pensée de l’écologie, d’une écologie facile,
avec les mots de tous les jours, mis à jour chaque semaine. ”

Edito du 19 juin 2019

Double jeu..

dominique bidou vertiLa mode et le marketing ont été souvent évoqués dans le dictionnaire du développement durable, pour inciter les porteurs des valeurs de l'environnement à diffuser leur message. Pourquoi laisser ces techniques qui ont fait leurs preuves à des entreprises dont l'unique credo est de vendre plus et encore plus ? Le marketing conduit à comprendre les moteurs des décisions des publics "cibles", à entrer dans leur univers mental, pour trouver la meilleure manière de les persuader. On n'attrape pas les mouches avec du vinaigre, nous rappelle un dicton populaire. Et bien, le message a du mal à passer, le marketing reste l'apanage des vendeurs de carbone, et il fait des ravages. Toujours la voiture, pour prolonger l'édito de la semaine dernière. L'ADEME vient de publier une analyse des ventes d'automobiles en 2018. "Tous les gains réalisés sont annulés par la croissance de la part de marché des SUV" peut-on y lire. D'un côté, augmentation des ventes de véhicules électriques et hybrides, et de l'autre augmentation de "SUV", Sport Utility Vehicles, des véhicules tout terrain, plus lourds et par suite plus gourmands que les berlines ordinaires. Leur part du marché est passée de 32% à 36% entre 2017 et 2018. La mode du SUV se porte bien, et le résultat est là : leurs émissions de CO² sont supérieures de 10% environ à celles des voitures traditionnelles. Voilà une mode qui va à l'encontre des objectifs climatiques affichés. Bien sûr, les constructeurs ne vont pas aller à l'encontre des voeux des consommateurs, mais nous savons tous qu'ils peuvent les influencer, le marketing et la publicité sont là pour ça. C'est comme les affiches des compagnies d'aviation low cost qui vous incitent à aller en week end à Rome. C'est évidemment séduisant, mais il vaudrait mieux y aller un peu plus longtemps et en train. L'étude ZEN, zéro émissions nettes en 2050, réalisée par Entreprises pour l'Environnement, nous dit que la neutralité carbone en 2050 est possible, à condition de changer de mode de vie, de production et de consommation.

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Note de lecture

ZEN Zéro émissions nette en 2050

ZEN EPE

Imaginer et construire une France neutre en carbone, Entreprises pour l’environnement, mai 2019
Voilà un document à l’appui du discours tenu avec constance dans le dictionnaire du développement durable, à savoir que, contrairement à une idée répandue, nos enfants vivront mieux que leurs parents. Une condition toutefois : Accepter de changer nos modes de vie, de production et de consommation. Ils vivront mieux, mais différemment.
Entreprises pour l’environnement confirme cette approche. A l’issue d’une étude rigoureuse, l’association d’entreprises affirme que les solutions sont disponibles pour parvenir à une neutralité carbone en 2050. En résumé « un resserrement urbain avec un fort ralentissement de l’étalement et des centres-villes ou -bourgs plus attractifs, une mobilité largement électrique et fondée sur plus de transports en commun et de services, une alimentation plus locale et moins carnée, une économie plus circulaire dans les modes de consommation comme de production, pratiquement sans énergies fossiles, une consommation finale d’énergie divisée par deux et un système financier qui accompagne la transformation. Cette transformation s’accompagne de nombreux bénéfices sur la qualité de l’air, la santé, l’alimentation, le niveau de bruit ou le cadre de vie ». Croissance du bien-être et réduction des consommations de ressources, le rapport au club de Rome « Facteur 4 » nous présentait des conclusions semblables il y a 20 ans, et elles se confirment aujourd’hui. C’est une excellente nouvelle.

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Reprise

carbone

carbone4 Le carbone a été notre ami, pendant des millénaires. Mais nous en avons abusé, et il devient aujourd'hui une menace. Il va falloir engager une transition délicate !
Un cadeau empoisonné. Le carbone sous ses nombreuses formes est formidable, il nous a permis un développement extraordinaire, mais certaines formes dudit carbone nous ont asservis, nous ont dicté un mode de production, de consommation, et en fin de compte un mode de vie qui nous conduit tout droit dans une impasse. On s’habitue vite à une solution facile, et quand on s’aperçoit qu’elle n’est pas éternelle, pour ne pas dire durable, on a le plus grand mal à changer.
Le signal prix est appelé à la rescousse. Il faut réglementer, mais il faut aussi que les échanges ordinaires entre les acteurs soient marqués du sceaux de l’impérative nécessité où nous nous trouvons de passer à une ère post-carbone. Une contribution est donc proposée, qui suscite une vive émotion : Comment, encore une taxe ! Et en pleine crise financière, en plus !
C’est oublier un peu vite que la non action, le laisser faire, a un coût. La taxe Climat existe déjà. Elle est payée par tout le monde, indépendamment de la manière dont nous nous comportons, indépendamment de notre émission de gaz à effet de serre. Nicholas Stern l’a calculée, et d’autres travaux le confirment. La dégradation du climat coûte au minimum 5% du PIB mondial, 20% si on inclut les effets indirects, induits. La taxe carbone diffuse, occulte, qui existe aujourd’hui est payée par les habitants des îles Tuvalu, par les Bengalis, et tous les habitants de secteurs directement menacés d’une remontée des océans, par le dérèglement des moussons et des grands courants marins. Il est payé en France par des épisodes climatiques, comme on dit pudiquement, de plus en plus fréquents et violents, par la disparition progressive des glaciers et de leurs fonctions de régulation du régime des eaux, il est payé en France d’Outre-mer par une mortalité anormale des coraux, et de leur productivité écologique. Bref, la taxe carbone existe depuis longtemps, mais elle est payée par les pollués. Nous sommes en régime pollué-payeur.

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