“ Le dictionnaire du développement durable pour tous. libre pensée de l’écologie, d’une écologie facile,
avec les mots de tous les jours, mis à jour chaque semaine. ”

Edito du 11 décembre 2019

Les mauvaises économies

dominique bidou vertiPour faire des économies sur la santé, les financiers ont eu la bonne idée : moins de médecins, ça fait moins de malades, moins de prescriptions, et au final moins de dépenses. Un numérus clausus restrictif a été imaginé, dont nous voyons aujourd'hui les effets. Compte-tenu de l'inertie de la population médicale, particulièrement longue à renouveler, nous ne sortirons pas demain de cette situation. Bravo les financiers ! Il est vrai qu'ils ne voient que les dépenses, et qu'ils ne prennent de décisions que pour les maitriser. La santé, dans le cas présent, ne représente pour eux que des dépenses, alors qu'elle a une grande valeur. Une valeur humaine, évidemment, que nous vivons en permanence tout au mong de notre vie, mais aussi une valeur économique. Une population en bonne santé est plus productive, les retards dans les prises en charge coutent cher, le recours à des personnels étrangers, vacataires, coute cher, etc. Mauvais calcul. Un calcul qui ignore la valeur d'une population en bonne santé ou le coût de la mauvaise santé. Le volet prévention a toujours du mal à passer devant les financiers. Il faut faire la démonstration qu'elle est efficace, mais il est toujours difficile d'évaluer les coûts ainsi évités, qui ne le sont rarement avec une certitude absolue, car des évènements extérieurs peuvent toujours perturber les prévisions. Les financiers ont leur logique, et ils sont en position de force pour l'imposer.

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mot de la semaine

Capitalisation

composant robin glauser zP7X B86xOg unsplashS’agissant des retraites, capitalisation est un gros mot. Ce serait le contraire de la solidarité, le chacun pour soi.  Pourtant d’un point de vue macroéconomique, nous sommes toujours dans la répartition. Les retraités et les actifs se répartissent la richesse produite une année donnée, pour leurs consommations courantes. La « capitalisation » ne concerne que la manière dont chacun acquière des droits de tirage dans cette répartition générale. Mais dans le système dit de « répartition » la clé de cette répartition se constitue en accumulant des droits liés aux cotisations versées. Les gros salaires cotisent plus, et bénéficient de retraites plus importantes, itou pour les retraites complémentaires. Ce n’est pas formellement de la capitalisation, mais ça ressemble quand même à un retour d’investissement. Les modalités sont différentes, avec un encadrement pour la « répartition », mais le principe est le même, et les retraites redistribuées passent toutes au filtre de la situation économique du moment où elles sont versées. Nous sommes dans un débat de techniciens, et non pas de théologiens comme on tente trop souvent de le présenter. Et d’ailleurs, les nombreux épargnants qui achètent une maison à crédit pour la louer le jour de leur retraite ne sont pas des « capitalistes » avides de profits mais juste des personnes qui essaient d’améliorer leur sort pour leurs vieux jours. Ajoutons que les retraités apportent de nombreuses contributions, parmi lesquelles celle de consommer. Le pouvoir d’achat des retraités est un moteur de l’économie. Ils achètent, par exemple, la moitié des voitures neuves. Rogner ce pouvoir d'achat peut devenir un handicap pour l'économie toute entière.
Voyons la capitalisation sous un autre angle. Peut-elle être collective, et concerner toute la société d’un pays, voire de l’humanité ?


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Reprise

Richesse

responsabilite
L'affaire des retraites laisse deux erreurs se répandre dans l'opinion. les retraités ne seraient pas actifs, et l'activité est l'exclusivité de l'entreprise. La réalité est toute autre : les richesses sont produites de différentes manières, dont une part importante par les "inacifs" et en dehors des entreprises.

Le débat revient sur les retraites. Au menu, comme d’habitude, l’âge légal de départ, le nombre d’années de cotisation, le montant des prélèvements en amont, des versements en aval. Au centre du débat, la montée du nombre de retraités face à celui des actifs : c’est le motif d’inquiétude qui doit imposer un changement.C’est arithmétique. Ce n’est pas nouveau, et les simulations sont nombreuses, qui disent toutes que le système va exploser. Quand la machine est obsolète, à bout de souffle, il ne sert à rien de pousser tel ou tel curseur, il faut une machine neuve. Il faut refonder le régime de retraite, de simples ajustements ne servent à rien.  Pour cela, mettons la question à plat.Le ratio actifs / retraités  donne une idée fausse de la question : ainsi posée, elle oppose deux mondes, d’une part ceux qui produisent des richesses, et d’autre part ceux qui en profitent, sans rien apporter. La réalité est toute autre. Du côté des « actifs » tout d’abord, ils comportent les chômeurs, tous ceux qui cherchent un emploi. Il y a donc des actifs, et même beaucoup depuis pas mal d’années, qui ne produisent pas de richesses. De l’autre côté, beaucoup de retraités ont des activités rémunérées, ou productives, comme le potager, et pour les autres, ce serait évidemment leur faire insulte que de dire qu’ils sont improductifs. Et ils ne sont pas les seuls inactifs à produire des richesses : n’oublions pas la production familiale, les tâches domestiques, les associations et le bénévolat, la participation à la vie de la cité, par exemple celle des 500 000 élus répartis sur notre territoire. L’entreprise n’est pas le seul lieu créateur de richesses.

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