“ Le dictionnaire du développement durable pour tous. libre pensée de l’écologie, d’une écologie facile,
avec les mots de tous les jours, mis à jour chaque semaine. ”

Edito du 23 octobre 2019

Publicité et climat

dominique bidou verti Evidemment, le consommateur a le choix, et il peut imposer ses préférences au producteur, mais nous savons bien que ce dernier s'ingénie à orienter les choix. La publicité est là pour donner envie. Mais peut-on donner envie de n'importe quoi ? Peut-on accepter que nos écrans de télévision soient mis au service des publicités pour des produits notoirement néfastes pour le climat ? Les incitations à la haine et à la violence sont interdites, pourquoi ne pas interdire les incitations à l'irresponsabilité climatique ? Celles-ci pourraient être modérées s'il y avait une taxe carbone dissuasive, mais ce n'est pas le cas. A défaut d'outil économique, utilisons les outils réglementaires. Un exemple pour illustrer cette interrogation. Les SUV sont à la mode, c'est avec ces modèles que les constructeurs d'automobiles font leurs affaires. Mais ces voitures consomment sensiblement plus que les modèles classiques équivalents. Tous les efforts pour réduire la part de la mobilité dans nos émissions de gaz à effet de serre sont compromis par cette poussée des SUV. Doit-on assister passivement à cette mode, au risque de se rendre coupable de "non-assistance à climat endanger" ? Les voitures grosses consommatrices sont parfois utiles, dans certaines circonstances, mais le spectacle de puissantes 4x4 là où des citadines feraient parfaitement l'affaire est difficilement tolérable, surtout qu'il s'accompagne d'un encombrement inutile de nos rues. Sans interdire, pouvons-nous dissuader ou au minimum ne pas encourager ? Notons au passage que le développement de la location facile de voiture, en substitution de son acquisition, permettrait de choisir la voiture adaptée à chaque usage, et d'avoir accès à la grosse voiture uniquement quand elle serait nécessaire.

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Note de lecture

Réussir la transition écologique

Reussir la transition ecologique outils pratiques pour agir2
Outils pour agir ensemble
Grégory Derville, © Terre vivante 2019

Avez-vous entendu parler du mouvement de la Transition, né en 2006 à Totnes en Angleterre, et popularisé en 2008 par l’ouvrage de Rob Hopkins, Manuel de la Transition ? « Si nous attendons les gouvernements, ce sera trop peu ou trop tard. Si nous agissons à l’échelle individuelle, chacun de son côté, cela ne suffira pas. Par contre, si nous agissons ensemble, à l’échelle collective locale (dans nos quartiers, villes, territoires, nos communautés), cela pourrait être juste suffisant et juste à temps ».
« Réussir la transition écologique » s’adresse donc aux citoyens qui veulent reprendre leur destin en main. Le fond de décor est la catastrophe qui nous attend inéluctablement selon l’auteur, de manière à s’y préparer. Ce n’est pas la conception du Dictionnaire du Développement durable, mais l’approche présente de nombreux aspects positifs dont chacun peut s’inspirer pour contribuer à la nécessaire transition, pour notre bonheur et pas seulement pour échapper à la catastrophe. Car il s’agit d’ouvrir des perspectives et de donner des moyens pour explorer de nouveaux modes de vie qui nous apporteront plus de bien-être tout en réduisant fortement notre empreinte écologique. « Le mouvement de la Transition est un mouvement très constructif, qui propose de focaliser notre attention et notre énergie sur ce que nous pouvons faire face à la crise écologique, économique et sociale ». Le livre de Grégory Derville se présente conne un « mode d’emploi » pour créer local et animer un groupe local de la transition. Car tout part du local.

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Reprise

Transition

transition
En ces périodes électorales, le changement est à la mode. Tout le monde s’en réclame, mais le plus souvent avec des références partielles, et tirées de notre histoire immédiate. Prenons du recul.

Le changement est d’autant plus nécessaire qu’il ne s’agit pas de simples ajustements.
Nous vivons une époque particulière : le 21e siècle sera celui où la population mondiale va culminer à 9 ou 10 milliards, où nos émissions dans les milieux, air, mer et eau douce, sols, et même espace, vont toucher les capacités productives de la planète et réduire les protections dont nous avons bénéficié depuis la nuit des temps. Les enquêtes le disent clairement, nos concitoyens craignent que leurs enfants ne vivent moins bien qu’eux. La prolongation d’un mode de développement fondé sur une vision du monde sans limites, encore bien présente dans les esprits, nous conduit à l’impasse : il faut entrer dans l’ère du monde « fini », comme le disait Paul Valéry dès 1945. C’est la fin du « Croissez et multipliez » de la Genèse, il faut trouver une autre forme d’évolution. Une « métamorphose », dirait Edgar Morin(1).

 

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