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Pour un urbanisme du vivant

Jean-Yves Chapuis
Editions du Panthéon, 2025

Un livre qui sera fort utile aux nouveaux élus, et même aux anciens soucieux d’améliorer leurs pratiques, tant l’art de d’animer la vie municipale est délicat. Un livre qui bénéficie à la fois de l’expérience d’un ancien élu et de la culture d’un expert en la matière. Une convergence bien utile en ces temps marqués par l’incertitude qui caractérise nos sociétés, qui se manifeste aussi bien dans l’évolution des modes de vie que dans le paysage géopolitique et écologique. C’est que nos repères ont bien changé, et les attentes des citoyens ne trouvent plus de réponses dans les discours traditionnels. Une occasion de revenir aux fondamentaux, pour redonner du sens aux politiques municipales. « Avant d’être une idée spatiale, la ville est avant tout une idée mentale qui se constitue d’hommes et non de pierres ». Concrètement, ce sont des réseaux plutôt que des structures, une stratégie plutôt que les programmes. Le recours à l’immatériel devient une réponse à l’incertitude et à l’accélération des changements de mode de vie. Le refus du débat, puissant selon Jean-Yves Chapuis, qui peut être observé fréquemment, provient notamment d’une rigidité d’esprit dont il faut se départir. Rigidité dans la définition de la ville, de ses frontières, rigidité dans l’opposition ville-campagne, rigidité dans la distinction espace public / espace privé, etc.

Une des réponses opérationnelles est de laisser des marges importantes dans les projets urbains, pour qu’ils deviennent une « aventure urbaine » autour d’un « plan-guide » évolutif. Une autre est le besoin de transversalité entre toutes les compétences. « Il faut aller plus loin et accepter que chacun puisse intervenir sur les compétences des autres ». Pour assurer la cohésion dans cet univers d’incertitude, « il faut bâtir un récit sur sa ville ». Une « approche sensible de la ville », à la place d’un programme d’aménagement. « Les politiques publiques de concertation, de participation, se font beaucoup trop sur des projets urbains ou d'aménagement d'espaces publics et pas assez sur la notion d'habiter. »

Une réflexion politique, au sens large du terme, qui conduit à une approche opérationnelle de la maitrise d’ouvrage urbaine, avec plusieurs lignes de conduite : partir de la demande, importance du paysage, inventer une méthode pour chaque territoire, les flux et le paysage, le récit politique, ne pas se techniciser mais s’ouvrir à de nouvelles disciplines, la ville n’est jamais finie, et comment s’y prendre.

Un bon mode d’emploi pour mobiliser autour d’une idée centrale : « le projet humain doit passer avant le projet urbain ».

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