
Vagabondes
Un livre de Nathalie Tournillon, photographies de Florian Guzek.
Editions Terre Urbaine, septembre 2026
« Un brin de poésie caché sous nos pas ». C’est ainsi que l’éditrice de ce livre, Anne-Solange Muis, me le présente, et je ne saurais mieux dire.
Il s’agit d’une « déambulation urbaine à hauteur végétale ». La découverte ou la redécouverte de toute un monde qui se glisse dans les interstices de la ville, au pied des murs, dans une fissure, dans des espaces oubliés où une forme de vie sauvage a trouvé refuge.
Autour de quelques mots, interstice, bien sûr, mais aussi entre-deux, verdure, mauvaises herbes, simples, noms matins, pour finir par vagabondes, les auteurs, l’ethnobotaniste et le photographe, proposent chacun à leur manière de sortir de l’indifférence pour entrer dans l’émerveillement. Ils apportent ainsi une touche de poésie dans des paysages parfois bien dégradés. Ils nous en révèlent la richesse, et leur histoire, ils stimulent notre curiosité et nous invitent à une rencontre. Une rencontre avec « la beauté non standardisée des vagabondes ». Ajoutez un zest de botanique, apprenez que les graminées sont devenues des poacées, 12 000 espèces, qui ont donné naissance aux céréales, « qui ont permis de fonder des empires ».
Un livre qui nous fait à a fois prendre du recul, et sortir notre loupe pour admirer les formes et les couleurs de ces vagabondes, sans oublier leur odeur, tous nos sens sont sollicités. « Chaque fleur est un univers ». Un univers que la science nous a décrit – on pense notamment à Paul Jovet et Bernadette Lizet, au siècle dernier - , qui prend ici une dimension poétique pour faire entrer dans nos imaginaires « ces plantes qui portent en leur nom l’empreinte de notre civilisation ».
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