
Territoires sous pression
Ouvrage collectif de la Fédération nationale des agences d’urbanisme
Points FNAU, Editions Gallimard, collection Alternatives
Ce livre est le fruit d’une expérience collective, celle des agences d’urbanisme, appelées à affronter plusieurs défis à la fois. Défis environnementaux, comme le réchauffement climatique et ses conséquences, défis relatifs aux activités qui évoluent en continu, avec les besoins sociaux qui en découlent. Comment s’adapter à toutes ces pressions qui s’exercent simultanément, avec bien sûr de nombreuses interférences ?
Ces pressions sont multiformes et se présentent différemment selon les situations et les histoires. Autant de cas particuliers, pas de réponse universelle, mais des pistes qui ont été explorées ici et là, et donnent des idées sur les actions à mener. Pour prendre un exemple, les pressions climatiques peuvent se manifester par la fonte des glaciers, par des inondations, des ilots de chaleur, des feux de forêt, des cyclones ou la submersion marine. L’adaptation peut être institutionnelle, comme l’aménagement des systèmes d’assurance, ou bien relever de l’action locale, sur la base de prospective territoriale et de mobilisation des acteurs.
L’ouvrage distingue différents cas de figure, qui se recoupent en partie.
Les littoraux, avec la question du trait de côte et de la montée des eaux, mais aussi du logement et des services publics pour une population deux fois et demie plus dense que la moyenne nationale, des résidences secondaires qui déséquilibrent le marché du foncier et des activités qui demandent à s’étendre. Zoom sur le cas de Caen qui doit renoncer aux modèles traditionnels d’aménagement. A noter l’immensité de nos côtes, 5000 km en métropole, et 15 000 outre-mer.
La montagne, qui voit les glaciers disparaitre inexorablement, et ses activités fortement affectées : tourisme hivernal, pastoralisme, désindustrialisation. Les réponses sont un grand plan d’adaptation à l’échelle du massif central, ou un plan guide « non prescriptif mais structurant » dans le Grésivaudan.
Il y a les territoires en transition touristique, victimes parfois de leur succès et du surtourisme qui en résulte. Menaces sur le milieu naturel trop fréquenté, ou difficultés de logement dans la recherche d’un équilibre qualité de vie des habitants/activité touristique/protection du milieu.
Et des territoires en transition industrielle ou énergétique, comme Dunkerque, Cherbourg ou Marseille-Fos. Ils ont des besoins fonciers considérables 20 000 ha d’ici 2030, dont une partie recyclée mais aussi 8500 à trouver en artificialisation. Les friches en apportent une bonne part. « Les ruines ne sont pas seulement ce qui reste, elles sont aussi ce qui recommence ». Enjeu à concilier avec les problèmes généraux des littoraux, les exigences de la réindustrialisation, et les pressions sociales, de logement et de mobilité notamment. Ils bénéficient d’un programme « Territoires d’industrie ».
Une grande diversité de cocktails de pressions, dans les territoires eux-mêmes très variés, appelant à des démarches adaptées à chaque situation. « Il s'agit désormais l'imaginer comment habiter, valoriser et faire vivre ces espaces dans un contexte de ressources contraintes et de changements irréversibles ». Et pour cela « une transformation des modèles de développement, de politiques d'aménagement plus résilientes et une relation renouvelée entre les habitants, les territoires et les milieux. »
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