
Le facteur humain dans la transition : émotions, normes et représentations
« Rendre l’écologie facile », était la ligne de conduite de l’agence de l’environnement d’Ile de France quand j’ai eu la chance de la mettre sur pied à la fin du siècle dernier. Une ligne que je retrouve implicitement dans le résumé du 1er rapport du GIECO, tome 1, avec bien d’autres, toutes aussi pertinentes. « La question centrale n’est plus seulement de savoir ce qu’il faut faire, mais comment les sociétés et les organisations peuvent réellement se mettre en mouvement ».
Il s’agit du facteur humain, et de la manière de le mobiliser pour le climat. Le GIECO, groupe international d’experts sur les changements de comportement venant en complément, sur ce point, d’autres organismes plus axés sur les sciences physiques et du vivant, tel que le GIEC bien connu. Il rejoint ainsi à sa manière la famille de ces organismes, avec l’Intergovernmental Science-Policy Platform on Biodiversity and Ecosystem Services, IPBES, et le plus récent groupe intergouvernemental scientifique et politique sur les produits chimiques, les déchets et la pollution, ISP-CWP.
« L’humain, qu’il soit citoyen, chef d’entreprise ou politique, n’agit pas que rationnellement ». Les travaux du GIECo nous rappelle que « Les décisions individuelles et collectives sont influencées par des croyances implicites, des normes sociales, des émotions, des habitudes individuelles et organisationnelles ou encore des représentations dominantes du monde économique et social ». Il ne suffit donc pas de bien informer pour obtenir les changements souhaités, et la mobilisation de la société ne s’improvise pas. « Les transformations nécessaires ne se réduisent pas à des ajustements techniques ou réglementaires : elles supposent une évolution en profondeur des valeurs, des normes et des cadres de pensée qui orientent les comportements, en facilitant certaines pratiques et en en décourageant d'autres ».
Le premier rapport, tome 1, du GIECo nous apporte un premier panorama des enjeux, des obstacles et des freins, ainsi que des manières de les aborder pour parvenir aux changements de pratiques désirés. Un des enseignements mis en exergue, par exemple, est que « la peur ne constitue pas nécessairement un levier efficace de changement ».
Le résumé publié aujourd’hui en français (le rapport intégral est en anglais, disponible sur https://www.ipbc.science/about-us/1st-main-report-project/) long d’une centaine de pages, est composé de 8 chapitres représentant autant d’entrées dans le sujet, comme « Communication et changement comportemental pour la transition écologique », « Les émotions dans la transition : l’éco-anxiété sauvera-t-elle notre civilisation ? » ou encore « Le rôle des mentalités dans le manque de financement climatique ». téléchargeables sur https://drive.google.com/file/d/1WS82fpYx5RpBhispvux5zZMNHmkRon1v/view
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