Accéder au contenu principal

Le monde change, profitons-en !

Il y a de mauvais changements, qui n’apportent que des malheurs. Nous essayons de les esquiver, ou de les contourner, et nous nous adaptons à ce que nous ne sommes pas parvenus à éviter. La sagesse nous conseille de s’attaquer à la cause, et de faire en sorte qu’ils n’arrivent pas. Le changement climatique relève de cette catégorie, avec ces deux logiques complémentaires, s’adapter et combattre.

Mais certains changements sont inéluctables. Ils nous font peur, et une première réaction est le déni, qui confine souvent à l’aveuglement. Ce n’est pas une bonne attitude. Il est parfois possible des les retarder. « Encore un moment, Monsieur le bourreau ». Un miracle peut toujours avoir lieu, mais sa probabilité est faible. Ou alors, c’est pour repasser le problème à nos successeurs. Joli cadeau de bienvenue ! mais reconnaissons qu’il y a une logique derrière cette posture.

Une autre manière de faire serait d’analyser dans le détail le futur qui nous est promis, et de voir s’il est aussi mauvais que nous l’imaginons. Et s’il y avait du bon dans ces changements ?

Nous vivons actuellement une transition, qui se manifeste dans un tas de domaines, climat, géopolitique, intelligence artificielle, pénurie de ressources, etc. … et vieillissement de population. Celui-ci est considéré comme un désastre, le mot « hiver » est parfois utilisé pour en parler. Le bonheur de vivre plus longtemps est ainsi transformé en source d’ennuis. Il est vrai que la croissance démographique offre des avantages. Le renouvellement des générations permet de s’adapter en continu aux nouveaux enjeux du monde, notamment en matière de compétences recherchées dans un environnement en perpétuelle évolution. Elle permet aussi de tirer des chèques qui seront payés plus tard, quand il y aura plus de payeurs potentiels. La pyramide des âges qui en résulte est une aubaine pour les plus âgés, pris en charge par un grand nombre de plus jeunes qu’eux. Tout ça est bel et bon dans un monde infini, où la croissance de la population peut se prolonger sans limites. L’histoire nous montre une autre réalité, le besoin d’expansion pour répondre à des besoins croissants, associé à des volontés de puissance. Aujourd’hui, c’est la conquête de l’espace qui est évoquée pour éluder la question des conflits pour l’accès aux ressources. Une fuite en avant avec un vocabulaire guerrier, évocateur de colonisation.

Il faut donc faire avec une population stabilisée, ce qui entraîne mécaniquement un vieillissement. Comment en faire un progrès humain ? En acceptant cette évolution, et en s’organisant en conséquence. Un vaste chantier que nous peinons à ouvrir, préférant le plus souvent relancer une natalité et laisser ainsi le problème en héritage à nos enfants.

Une nouvelle structure par âge demande une nouvelle organisation sociale. La place des jeunes comme celle des vieux est remise en question. Les retraites sont souvent évoquées, mais ce n’est qu’un point parmi d’autres à revoir, avec notamment les conditions de travail. Les vieux doivent trouver un mode de vie qui les maintienne en bonne santé et leur donne la possibilité de rester actifs le plus longtemps possible. Il faut pour cela qu’ils n’arrivent pas usés au bout de 40 ans de travail ou plus. La question du vieillissement se pose donc bien avant la retraite. C’est tout au long de la vie que le défi démographique se manifeste, tant pour des raisons économiques, comme celles de l’équilibre des comptes de la sécurité sociale, ou la maitrise des dépenses de santé des vieux, que pour des raisons sociales, de la place des vieux, des jeunes et des moins jeunes dans la société. C’est une réflexion d’ensemble qui doit être menée, pour que la nécessaire adaptation se fasse dans de bonnes conditions, et représente un progrès pour tous. A défaut, l’adaptation sera une épreuve redoutable, dont les débats récurrents sur les retraites sont les prémisses.

D’autres exemples de manières de bénéficier de changements a priori contraignants pourraient être cités, comme de nouveaux régimes alimentaires, qui permettent de trouver de nouvelles saveurs et de se porter mieux, ou l’abandon du mythe de la vitesse pour profiter de la lenteur pour mieux vivre.

Le monde change, ce qui perturbe notre zone de confort. Dans certains cas, la cause n’est pas perdue, et il faut lutter vigoureusement. Mais dans d’autres, au lieu de résister face à l’inéluctable, mieux vaut s’y adapter pour en profiter !

 

Edito du 26 août 2026

  • Vues : 41

Ajouter un Commentaire

Enregistrer