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Les tribulations de la transition

"La peur de la pénurie a disparu". Il s'agit de pétrole, et l'affirmation vient des Echos.fr (20 février). Les compagnies pétrolières semblent confiantes dans leur avenir, il y a encore de belles réserves de pétrole et  de gaz dans le monde. D'ailleurs, les recherches de nouveaux gisements, un temps en perte de vitesse, ont repris de la vigueur. Après deux années de baisse, les investissements des compagnies pétrolières dans l'exploration et la production repartent à la hausse, et pourraient atteindre 45 milliards de dollars en 2018. Total prévoit de forer 27 puits en 2017, contre 19 en 2016, et le prix unitaire de chaque forage est en baisse sensible, du fait de progrès techniques. Les Echos.fr mentionne même des aménagements fiscaux pour favoriser les nouveaux forages. Tout va donc pour le mieux dans le meilleur des mondes pétroliers, sans compter les ressources non conventionelles non intégrées dans les travaux dont Les Echos.fr fait état. Chose curieuse, aucune référence au climat ni à l'effet de serre. Ca n'existe pas, semble-t-il, dans l'univers des pétroliers. Et pourtant, nous le savons bien, le "facteur limitant" n'est pas la ressource, effectivement abondante et même sur abondante, mais le rejet. Le pétrole consommé produit des gaz à effet de serre, et les scientifiques nous disent que les 3/4 des réserves connues devront rester dans leurs couches géologiques si nous voulons limiter le réchauffement climatique. L'argent investi dans la recherche de nouveaux gisements, qui ne conduit qu'à l'impasse, serait manifestement mieux placé dans d'autres recherches, d'efficacité énergétique ou d'énergies renouvelables. La "transition" vers un monde décarboné est bien difficile. Ce n'est pas étonnnant des pétroliers qui tentent de prolonger leur âge d'or, mais ce l'est plus de la presse professionnelle, qui manque singulièrement d'esprit critique sur cette question.

Edito du 22 février 2017

  • Vues : 2001

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