Sous l’océan

A la découverte des grands fonds
Annika Siems et Wolfgang Dreyer
©Delachaux et Nieslé, 2021



Un livre d’histoire naturelle, comme on disait avant, un livre passionnant. Il est présenté « à partir de 9 ans », et il fera en effet un très beau cadeau pour les enfants, mais, tel Tintin, il peut être lu « de 9 à 99 ans », avec le même émerveillement.


Pour « découvrir les grands fonds », nous nous installons dans un submersible adapté aux grandes profondeurs, une sorte de bathyscaphe, retenons notre souffle, et nous plongeons, les yeux grands ouverts sur le hublot, qui va nous offrir un spectacle fabuleux.
Il y a la leçon de choses, avec des précisions étonnantes sur la vie marine, notamment dans les grandes profondeurs, où la lumière du jour ne pénètre pas, où les pressions sont énormes, et l’oxygène absent. Ce sont les prouesses de la nature pour s’adapter à des conditions extrêmes. On notera surtout que l’océan est plein de vie. Ce n’est pas un désert, comme on pourrait le penser, c’est au contraire un foisonnement alliant le plus petit et le plus gros, toute une chaine allant du phytoplancton au calmar géant qui s’épanouit à 1000 mètres de profondeur et peut atteindre une demi tonne de poids et 12 mètres de long. Nous assistons par exemple à la plongée du cachalot, de la surface de la mer d’où il émerge pour respirer, jusqu’aux profondeurs où il va chasser ce fameux calmar géant. Un combat titanesque, où chacun des protagonistes dépense une énergie folle, et dont le résultat est à chaque fois incertain. Vous ferez aussi la connaissance des krills, du calmar luciole, des siphonophores, des baudroies, du poisson-ogre et des méduses transparentes, les poissons-hache, les poissons-vipères et quelques autres spécimens surprenants.
Ces prodiges de la nature, pour permettre aux habitants de l’océan de se retrouver, de repérer les prédateurs et d’attirer les proies, nous incitent évidemment à la modestie, et représentent une incitation au biomimétisme. La maitrise de la lumière extrêmement faible et du noir absolu, la capacité à provoquer des signaux lumineux, à se cacher ou à chercher sa nourriture, autant de phénomènes biologiques et physicochimiques que ces animaux savent utiliser avec une efficacité remarquable.
Les auteurs, un scientifique et une artiste peinte, nous entraînent à différentes profondeurs, avec à chaque fois des découvertes fascinantes sur la vie sous-marine, dont nous ignorons encore de multiples facettes. Ils nous montrent au passage à quel point la vie terrestre bénéficie des bienfaits des océans, notamment pour la qualité de son atmosphère. L’ouvrage se termine par une alerte sur les pollutions qui menacent les océans et tous les services qu’ils nous rendent.
« Sous l’océan » est publié au moment où l’espace est à la mode. Il nous rappelle opportunément que l’exploration de notre planète est loin d’être terminée. Si l’espace nous permet de mieux connaître notre planète, tant mieux, mais s’il s’agit d’une « conquête », craignons que ce soit une fuite en avant.

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