Le vent s’est levé

Dominique Bidou
Préface de Frédéric Mazzella
Editions PC, novembre 2020

Le vent s est lev couverture


Un livre sur la manière de parler du développement durable, de le « vendre » au plus grand nombre, et notamment les décideurs et tous ceux qui sont en recherche du monde de demain. L’introduction donne le ton : « On ne fait pas boire un âne qui n’a pas soif ». Il n’y aura pas de développement durable sans en donner envie à nos concitoyens, d’autant plus qu’il leur revient en bonne part d’en imaginer les contours. Comment « donner soif » du DD ?


Le discours dominant sur ces sujets a progressivement abandonné un domaine important, très présent à l’origine des mouvements écologistes, la qualité de la vie. L’humain. Bien au contraire, celui-ci est vite montré du doigt comme la cause de tous les malheurs du monde. Les grands déséquilibres qui nous menacent ont pris le dessus, et leur rappel régulier est devenu l’axe majeur de communication. « Nous n’avons pas le choix », nous est-il répété à l’envi. Pas génial comme levier pour mobiliser les énergies et donner envie. Les résultats sont décevants. Faut-il forcer sur l’alerte ou changer de discours ?
Le développement durable est un immense vivier l’opportunités, à la condition d’accepter de changer de regard, et sans doute aussi de mentalité. C’est ce que ce livre tente de montrer. La pression des enjeux climatiques, de la chute de la biodiversité et autres problèmes globaux est toujours présente, mais elle ne donne pas de stratégie pour relever ces défis autres que l’alerte et la culpabilité. Dans un tel contexte, comment rendre crédible une parole positive sur les bienfaits à attendre du changement ?
Celui-ci nous amène à sortir de notre zone de confort, des territoires que nous connaissons bien, aussi bien technologiques qu’en termes de comportement et d’organisation sociale. Nous n’en sortirons pas sans perspectives et aussi une réelle confiance en nous-mêmes, en nos capacités à opérer une « grande transformation » pour reprendre le titre d’une publication du Comité 21.
Une confiance en soi partagée, car l’innovation de viendra pas des institutions, des grandes structures qui ont établi leur puissance dans le « monde d’hier ». C’est toute la société qui doit être stimulée pour imaginer le monde de demain. « On fédérera en faveur du développement durable grâce à des solutions écologiques séduisantes » nous dit Frédéric Mazzella dans la préface. La manière de parler du développement durable, de la transition sous toutes ses formes, doit viser à cet objectif, au-delà des dogmes qui nous ont formatés, et dont nous n’avons pas toujours conscience.
Un livre issu de ce blog, pour donner de la cohérence à l’ensemble des notes publiées au cours des dernières années, et en tirer quelques enseignements pour faire progresser le changement vers un développement effectivement durable.

 

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