Ecologie des territoires

Sous la direction de Thierry Paquot
©Terre urbaine, 2021

ecologie des territoires

Il s’agit d’un ouvrage « polyphonique », fruit d’un atelier animé par Thierry Paquot, et réunissant des compétences variées, chaque intervenant devenant l’auteur d’un chapitre. Une ligne directrice pour décliner le titre, qui associe écologie et territoire. L’écologie est la méthode d’appréhension du territoire, en tant que processus, transversal et interrelationnel. Trois vertus pour sortir des approches traditionnelles, car « d’un côté, nous fonctionnons à l’ancienne, et de l’autre nous pensons que ce n’est plus possible ». Un terme résume l’orientation de l’ouvrage, « Biorégion », dans la perspective d’un renforcement de l’autonomie des lieux et des gens.
Le livre commence par présentation des termes en présence. D’une part, un rapide historique du mot écologie, en commençant par sa préhistoire, quand le concept existait avant le mot (Thierry Paquot), et ensuite une réflexion sur le territoire et ce qu’il représente, au-delà des découpages administratifs, bien éloignés des réalités de la vie quotidienne (Michaël Oustinof).
Viennent alors les différentes interventions de spécialistes. Le géographe, Michel Lussault : « Il s’agit d’inventer une nouvelle manière d’habiter le monde, à toutes les échelles ». L’architecte, Philippe Madec : « Aller chercher dans chaque lieu sa spécificité, sa particularité, c’est le début de l’écologie ». La journaliste spécialisée sur le Grand Paris en décrit la vulnérabilité « mais son atomisation aurait la vertu de faire surgir des autonomies insoupçonnées ». Evoquant les « biens communs », Perrine Michon, géographe, met l’accent sur les relations sensorielles à établir entre les humains et leur territoire, tandis que Emeline Bailly, docteur en urbanisme, plaide « pour un récit partagé d’une écologie territoriale sensible ». Le juriste Vincent Aubelle décrit les problèmes de droit posés par les limites des territoires, et « l’affaissement de la communauté des citoyens constaté à partir de la fin du XXe siècle, lorsque la substitution de « j’ai droit à » au « j’ai le droit de » est intervenue ». Pierre Calame, ingénieur des Ponts et chaussées nous parle du déclin des territoires « le territoire perd une grande partie de sa substance pour devenir une simple portion du territoire national », mais il pourrait tenir sa revanche car c’est à son échelle « que peut se développer le plus facilement un « capital immatériel », c’est-à-dire l’art des différents acteurs publics et privés de relever ensemble un défi ». Un élu territorial, Charles Fournier, relate l’expérience des territoires en transition, avec un zoom sur le Chinonais ou un projet se développe grâce à une démarche participative animée par un « collectif de transition ». En décalage apparent vis à vis des approches territoriales, le philosophe Dominique Bourg rappelle l’importance de la spiritualité, avant que Thierry Paquot apporte une dernière touche en traitant des représentations des territoires, et plus particulièrement de la ville, nous ramenant ainsi vers une approche sensible. Depuis des images sur des poteries antiques jusqu’à la photographie et le cinéma, en passant par la peinture, et bien sûr le roman qui décrit des ambiances associées à des lieux.
Un large panorama de la relation écologie-territoire, pour fonder ce concept de biorégion. « Des jalons sur la longue route de l’émancipation territoriale et écologique » nous dit Thierry Paquot dans un après-propos. « Un tel changement culturel est exigeant et loin d’être gagné ».

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