Biodiversité urbaine

Pour une ville vivante
Emeline Bailly, Dorothée Marchand et Alain Maugard
Editions PC, 2019

Les villes, haut lieu de la biodiversité ? C’est le défi que les 3 auteurs nous proposent. Un peu comme dans le bâtiment, traditionnellement gros consommateur d’énergie, en passe de devenir producteur d’énergie, le bâtiment « à énergie positive ». La ville contre la nature, ce n’est pas une fatalité, et ça pourrait devenir de l’histoire ancienne. Ce n’était d’ailleurs bon ni pour la nature ni pour les habitants des villes. En route, donc, vers les villes à biodiversité positive, la biodivercity !


L’ouvrage se présente comme un échange à 3 personnes, une urbaniste, une psychologue sociale et environnementale et un ingénieur. 3 regards pour explorer la relation « le vivant, les hommes et la ville », et comment la ville est partie à la conquête de la biodiversité, avant de décrire quelques réalisations pour illustrer des « possibles pour une ville vivante ». Une approche anthropologique, tout d’abord, pour comprendre le besoin de nature et la manière dont les villes se sont, au cours de l’histoire, positionnées sur ce plan et dans ses échanges avec la campagne et les forêts environnantes. Une vision intégrée au départ, évoluant vers une spécialisation des espaces, matinée de considérations hygiénistes ou utilitaristes selon les époques. Aujourd’hui, le « besoin de nature s’exprime de plus en plus, chez les citadins, comme un moyen de restaurer le plaisir de vivre en ville ». Dans cette logique, « la ville serait envisagée comme partie intégrante de la nature, de la biodiversité et de ses paysages ». Une approche qui concerne à a fois l’aménagement des villes et la recherche des matériaux pour les construire, des matériaux « biosourcés » qui permettent d’importer de la nature dans la ville. C’est une « renaturation » qui s’opère ainsi. On parle aussi « d’enfrichement, en référence à la nature sauvage ».
Il y a bien sûr des dérives à éviter, comme « l’injonction à l’acceptabilité qui domine les projets urbains supposés être pensés pour notre bien ». Non à « l’infantilisation et hypertechnicité environnementale », oui à une « déprise » qui favorise la liberté et l’appropriation. Un « processus de ressourcement au contact de la nature, sa propre nature, dimension clé de la biodiversité urbaine offrant des opportunités de créativité, de vitalité, de lien social ». « La qualité urbaine, qui s’appuie sur la qualité des lieux peut être la garantie de la diversité voulue « d’en bas » qui s’opposerait à une uniformisation voulue d’en haut. Cette variété souhaitée est un soutien à la biodiversité ». Les aspirations des hommes « fait du territoire de la ville le lieu d’une nouvelle biodiversité ».
Concluons cette note de lecture avec un « mode d’emploi » suggéré par Philippe Clergeau, professeur au Museum national d’histoire naturelle, dans l’avant-propos de l’ouvrage : « Ce n’est pas une simple évolution mais un changement de paradigme ! Au lieu de partir d’un bâtiment pour tenter de l’améliorer en l’agrémentant d’un peu de nature, il s’agit – pour un espace donné – d’harmoniser au mieux le bâti et la nature en partant d’une analyse pluridisciplinaire intégrant urbanistes, architectes, paysagistes sociologues, psychologues, écologues… ». Le besoin d’expansion des villes pourrait alors devenir une occasion d’enrichir la biodiversité. Encore un « double dividende » !

 

 

 

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