Pays de l’enfance

Thierry Paquot
© Editions Terre Urbaine 2022

 

En lisant ce livre, j’entendais chanter Yves Montand « en attendant son carrosse ». « L’enfant est un faiseur de monde ». Il s’agit en effet de l’enfance, celle de l’auteur notamment, avec ses souvenirs et ses expériences, revisitée avec l’aide de nombreux auteurs, Gaston Bachelard au premier chef. « Toute l’enfance assemble les endroits dans lesquels elle se déroule, c’est dire l’importance des territoires que l’enfant arpente, découvre, subit, apprécie. (…) C’est dans ce pays qu’il cultive deux autres qualités, échanger avec autrui (établir des liens, faire avec, partager, se détacher, rompre etc.) et activer ses six sens (l’ouïe, la vue, l’odorat, le goût, le toucher et le mouvement) ».

L’économie désirable

Sortir du monde thermo-fossile
Pierre Veltz
© Editions du Seuil et La République des Idées, 2021


C’est une réorganisation profonde de nos sociétés et de nos économies que Pierre Veltz nous propose. Un livre « qui ouvre des perspectives ».
Le constat est bien connu : continuer comme avant nous mène à la catastrophe, arrêter n’est pas socialement envisageable, il faut donc trouver des « trajectoires de changement ». L’auteur nous l’assure : « Les issues seront multiples, expérimentales, chaotiques sans doute par moment ». Quatre positions de départ pour la recherche de « l’économie désirable » : « Il faut composer avec le monde tel qu’il est », « il existe des marges de manœuvre », « il est crucial de retrouver une perspective positive, de construire le récit d’une économie désirable », « il faut sortir de l’illusion selon laquelle l’accélération de la transition serait d’abord une affaire de moyens et de volonté politique pour dégager ces moyens ».

Adapter son jardin au changement climatique

Jérôme Jullien
©Ellebore/Sang de la Terre et éditions Eyrolles 2021


Il n’y a pas que la puissance publique et les grandes entreprises qui peuvent réagir face au changement climatique, chacun d’être nous peut le faire et notamment tous ceux qui possèdent un jardin.
Tout d’abord, comment se manifeste le changement dans votre jardin ? Vous pensez aux variétés et à leur adaptation au contexte, il en est souvent question avec les espèces forestières qui montent vers le Nord ou dans en altitude, mais il y a bien d’autres aspects. De nouvelles plantes invasives, qui trouvent de bonnes conditions pour se développer, ou encore de nouveaux ravageurs, ou des anciens qui se sentent plus forts avec des hivers doux, ou des parasites qui bénéficient de l’humidité, comme le mildiou ou l’armillaire. Heureusement, il y a aussi des auxiliaires des cultures qui s’en portent mieux. Espérons que l’expansion des deux parties, les bons et les méchants, s’équilibreront, mais il vaut mieux aider le sort, et favoriser les bons. « Tout jardinier peut agir contre le développement d’organismes nuisibles émergents ou encore ré-émergents ».

Les forces de la nature en France

Georges Feterman
© Delachaux et Niestlé 2021

Les forces de la nature en France Pliements failles domes crateres grottes tempetes tornade

Vous connaissez les forces de la nature : Il est beaucoup question aujourd’hui de tempêtes et de tremblements de terre, mais ces « forces » prennent des formes diverses, et s’expriment dans des échelles de temps bien contrastées, de quelques heures pour une tornade à quelques millénaires pour le soulèvement de chaines de montagne et leur érosion. Il s’agit ici « des forces contre lesquelles on ne peut rien ». Georges Feterman nous invite à en faire le tour pour mieux les connaître et en comprendre le sens qu’elles représentent pour nous aujourd’hui, en France.

Mieux avec moins

Philippe Madec
Editions Terre urbaine


De nombreux témoins sont cités par Philippe Madec, qui l’ont manifestement accompagné depuis longtemps. Parmi eux, retenons Denis Diderot, cité à propos des architectes : « Ils ne songent point à se demander : quel est l’objet principal de mon édifice ? […] D’où il s’en suit que l’édifice qu’ils construisent est beau, mais qu’il ne convient pas plus à l’endroit où il a été élevé qu’à un autre ». Un enseignement bien retenu par Philippe Madec, pour qui « le projet d’architecture ne se résume pas à la mise en œuvre de techniques et de matériaux. Il associe des ambitions sociales et culturelles à un climat et une économie locale ». Ce livre « ouvre un chemin », issu l’expérience et des convictions de l’auteur, résumées dans l’expression frugalité dont il est un des promoteurs.
Après un historique de l’évolution récente de l’architecture et une critique du « modernisme » et des excès commis en son nom, Philippe Madec retourne aux fondamentaux. Heidegger l’y incite en posant la question « Que veut dire maintenant bâtir ? Le mot du vieux-haut-allemand pour bâtir, buan, signifie habiter ». Il s’agit donc d’habitabilité, à décliner à l’échelle globale, de la planète, comme à l’échelle de proximité, de la vie quotidienne. Le recours au vivant est une des clés pour y parvenir. « Il est scélérat de ne pas prendre en compte la diversité du milieu ». Milieu au sens large, y compris le climat, l’histoire et la géographie, sans oublier « d’enrôler la culture ». Une « vision holistique, sociale, culturelle, spatiale, technique. Il s’agit de pratiquer un audit global, bien au-delà de la seule approche énergétique et structurelle ». Un audit destiné à faire naître un projet partagé, qui « fait autorité ». Une démarche nécessaire pour que « les peurs face au changement que représente le projet s’apaisent, et que la collaboration s’installe ». Un partage fructueux. « Tous les exemples témoignent d’un accroissement de la pertinence du projet, y compris formelle ».
Il s’agit donc « d’aimer le déjà-là ». La réhabilitation plutôt que la table rase, et le réemploi pour les matériaux. Les éléments de contexte sont au cœur du projet. « Le recours durable aux ressources locales accroît l’hétérogénéité pertinente de cette architecture profondément influencée par son contexte aussi bien physique, géographique, climatique que culturel ».
Le mode d’emploi suit l’exhortation. Philippe Madec décline la manière de mettre le contexte à profit, notamment les éléments naturels. Il s’agit ici des matériaux, biosourcés, locaux, issus de traditions réactivées et modernisées ; là de l’eau, de l’air, du soleil, du climat ; plus loin du bon usage du temps et de l’espace. Le biomimétisme et l’architecture bioclimatique sont bien sûr de la partie, la nature est omniprésente.
« Mieux avec moins ». Philippe Madec en est convaincu : il n’y a pas « d’autre programme d’avenir ».


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Il faut sauver nos campagnes

Elisabeth Trotignon
© Delachaux et Niestlé, 2021



La revitalisation de la campagne est un enjeu majeur d’aménagement du territoire, mais aussi de lutte pour la biodiversité et contre le réchauffement climatique. Elle répond aussi à un besoin pour ses habitants traditionnels et pour les nouveaux arrivants. Contrairement aux idées reçues, la population rurale augment globalement en France depuis une trentaine d’années. Le bonheur est dans le pré !

Sous l’océan

A la découverte des grands fonds
Annika Siems et Wolfgang Dreyer
©Delachaux et Nieslé, 2021



Un livre d’histoire naturelle, comme on disait avant, un livre passionnant. Il est présenté « à partir de 9 ans », et il fera en effet un très beau cadeau pour les enfants, mais, tel Tintin, il peut être lu « de 9 à 99 ans », avec le même émerveillement.

Une histoire des luttes pour l’environnement

Anne-Claude Ambroise-Rendu, Steve Hagimont, Charles-François Mathis, Alexis Vrignon
©Les éditions Textuel, 2021



Les vieux écolos sont parfois agacés devant une absence de culture environnementale des nouveaux militants. Beaucoup d’entre eux ignorent l’histoire d’un mouvement multiforme, avec des succès et des échecs, dont il serait bon de tirer les enseignements. La publication de ce livre rendra cette carence inexcusable.

Refleurir un monde trop plein

Jean Hladik
Les éditions du Panthéon, 2021


Un livre écrit par un physicien et professeur, et qui témoigne des vertus de ces deux qualités. Il offre une bonne synthèse de l’état des lieux sur le climat, et sur l’état des techniques et des solutions disponibles pour relever le défi. Dommage que le discours soit pollué par ce qui se révèle comme une obsession, la surpopulation mondiale. Evidemment, la question démographique est pertinente, et elle est sans doute insuffisamment évoquée, mais elle est ici traitée avec trop de passion pour conserver le caractère scientifique dont l’auteur fait preuve dans d’autres domaines.

Paysages de France en bord de chemin

Georges Feterman et Marc Giraud
© Delachaux et Niestlé, Paris, 2021


Un principe guide ce livre : « la géologie est l’âme des paysages » nous disent en liminaire les auteurs. Avec l’appui de Bernard Deman, ils illustrent leur propos de photos, nombreuses, belles et instructives. 700 au total pour vous faire découvrir les paysages de France (hexagonale, en l’occurrence) à travers le prisme de la géologie, mère de toutes les batailles pourrait-on dire.

Entreprises et territoires en mouvement

Ouvrage collectif sous la direction de Jacques Brégeon et Fabrice Mauléon
Editions ESKA, novembre 2013


Il s’agit ici de compétences collectives. La nécessité de travailler ensemble est devenu un lieu commun, chacun sait qu’il a besoin des autres et qu’il peut apporter aux autres. Les marges de progrès ne sont plus fondées sur l’exploit individuel, qui peut toujours exister, mais sur lequel il ne faut pas compter exagérément. C’est la valeur d’un réseau, des échanges, c’est le langage commun, c’est la capacité à aller au-delà des barrages habituels, issus de longues années de pratiques « en silo », et même souvent en compétition. Mais comment passer de cette fameuse compétition, dont les mérites sont vantés tous les jours, à l’esprit de collaboration ? La compétence collective ne tombe pas du ciel, et n’est pas la juxtaposition d’individualités talentueuses. Il faut la créer, et cette démarche ne s’improvise pas. Comment baliser ce parcours, donner des prises aux responsables des entreprises et des collectivités qui ont choisi d’explorer la voie de la compétence collective.

Rencontre avec des écolos remarquables

L’environnement avance au quotidien
Frédéric Denhez
©Delachaux et Niestlé, Paris, 2021


Voilà un livre constructif, qui rappelle « C’est vert et ça marche » du regretté Jean-Marie Pelt(1), ou Un million de révolutions tranquilles (2) de Bénédicte Manier, ou encore Entreprises et territoires en mouvement (3), de Jacques Brégeon et Fabrice Mauléon, et bien d’autres ouvrages décrivant l’écologie en marche. Effectivement, L’environnement avance au quotidien comme le dit le sous-titre du livre de Frédéric Denhez.

Guide Paris Nature

Nathalie Lévy et Camille Martin
© Editions Gallimard – collection Alternatives, 2021



Un livre qui me rappelle l’aventure de Paris Côté jardin, lancée par les Amis de la Terre dans les années 1980 avec Bruno Ballet. L’ambition de montrer Paris sous un autre aspect, de révéler les richesses écologiques de la capitale pour susciter une demande de protection de ce patrimoine. La reconnaissance de la nature en ville au même titre que les monuments historiques et autres sites remarquables, qui faisaient depuis longtemps l’objet de visites guidées. Au menu notamment les entrepôts de Bercy et l’emprise SNCF délaissée de la Bastille au bois de Vincennes, où résistaient quelques légumes introduits par les cheminots. Au final, des résultats mitigés sur la conservation de ces vestiges de l’histoire, mais un début de sensibilisation qui a porté ses fruits, et notamment ce guide qui s’inscrit dans cette approche, avec l’évolution d’un quart de siècle des mentalités et des attentes.
Après une courte introduction, nous voici donc partis pour 7 balades d’une heure et demi à deux heures, pour « appréhender la ville par le biais du végétal ». « Grâce à ces itinéraires, vous prendrez la mesure du site naturel sur lequel Paris est installé en parcourant ses différents paysages et ses reliefs, entre les plaines alluviales de la Seine et les buttes parisiennes qui offrent des points de vue surprenants ». Rappelons que l’Ile de France bénéficie d’une situation privilégiée, bénéficiant d’influences contrastées, atlantique et continentale, avec des remontées méditerranéennes, ce qui a produit une richesse écologique remarquable. Ce guide vous aidera à les découvrir, dans une approche à la fois historique et biologique, les deux se mêlant intimement dans les parcours proposés.
Vous irez ainsi de la butte Bergeyre à celle du Château rouge, de la Villa Santos Dumont à l’ile aux cygnes, du parc Monceau à la cité des fleurs, du square Viviani au jardin des plantes, de la villa d’Alésia au cimetière du Montparnasse, de la petite ceinture au bois de Vincennes, avec une excursion hors les murs, à Montreuil avec ses murs à pêche et le jardin de la Lune. De quoi vous dépayser et vous instruire, en découvrant de nombreuses plantes que vous rencontrez chemin faisant. Le « guide » vous les présente avec de courtes notes illustrées. Une cinquantaine au total, qui émaillent les itinéraires et dont vous retrouverez un récapitulatif en index. La passiflore bleue et la laitue sauvage n’auront plus de secret pour vous, sans oublier le buddleia (l’arbre aux papillons) et la belladone, ou encore la garance des teinturiers.
Y’a plus qu’à suivre le guide.

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Durer

Eléments pour la transformation du système productif
Pierre Caye
©Les Belles Lettres 2020



« Pour la première fois depuis Marx, un livre, Durer, propose une approche globale du système productif et décrit les outils nécessaires à sa transformation ». Même si le sous-titre comporte le mot « éléments », les ambitions sont là et s’affichent clairement en page 4 de couverture. Durer, le mot fait référence au développement durable, que certains jugent obsolète, mais ce n’est que parce que « nul n’a entrepris de lui donner un contenu cohérent ni d’en asseoir les principes ».

Mésologie urbaine

Augustin Berque
©Editions Terre Urbaine, 2021



Il s’agit d’un recueil d’articles publiés entre 2002 et 2019, sur un sujet dont Augustin Berque est une référence incontestée : la mésologie. Une science ainée de l’écologie, qui lui a progressivement pris sa place mais qui s’en distingue sur le fond, et c’est tout l’intérêt de l’approche d’Augustin Berque de nous faire comprendre ladite distinction. Une observation, au départ : « L’environnement serait-il comparable, des sociétés différentes pourront élaborer historiquement des milieux très différents ».

Genèse. Dieu nous a-t-il placé au-dessus de la nature ?

J. Baird Callicot
©Wildproject, 2009, 2021


Un classique, publié aux Etats-Unis en 1991, en France en 2009, et réédité aujourd’hui. Une approche philosophique d’une question rituelle : Le judéo-christianisme est-il responsable de la crise écologique ? C’est la Bible, plus particulièrement la Genèse, qui est au cœur du sujet. Certaines interprétations laissent penser que « seuls de toutes les créatures, les êtres humains furent créés à l’image de Dieu, et qu’il leur fut donné d’exercer leur supériorité sur la nature et de l’assujettir ». Pour d’autres, « nous sommes les « intendants » de Dieu sur la création – nous sommes chargés d’en prendre soin – et non les nouveaux propriétaires ». Dans les deux cas, un rôle à part, une humanité à côté du reste de la création, plutôt qu’en son sein. L’affaire du fruit défendu, dont la consommation a ouvert les yeux à Adam et Eve, renforce cette posture. Pour J.B. Callicot, la connaissance du bien et du mal est surtout le pouvoir de décider ce qui est bien et ce qui est mal, tout comme Dieu, ce qui explique l’expulsion de nos premiers parents du jardin d’Eden. « Dès lors que les êtres humains devinrent conscients d’eux-mêmes et donc égocentriques, ils commencèrent à jauger la création en fonction d’eux-mêmes. Certains organismes vivants créés par Yahvé, plantes ou animaux, furent déclarés par l’homme « mauvais », nuisibles (…). En revanche, les plantes comestibles et les animaux domesticables sont déclarés « bons » et sont cultivés et encouragés ».
J.B. Callicot le dit avec humour : « Les Ecritures possèdent cette qualité merveilleuse que je qualifie d’ambiguïté créatrice ». Elles sont issues de plusieurs traditions, parfois contradictoires et accolées, laissant ainsi un large espace d’interprétation. Parmi ces sources, la plus récente date du Ve siècle avant JC, au cours d’une période de transition ou l’agriculture se substitue progressivement à la cueillette, et où l’influence des premiers philosophes grecs se fait sentir. L’éviction du jardin d’Eden « représente l’abandon par Homo Sapiens de la « place » écologique qui avait été prévue pour lui dans la nature ». L’humain occupe dès lors une place dominante, renforcée après le déluge : « Et la peur et l’effroi de vous seront sur chaque bête de la terre, sur chaque volatil dans l’air, sur tout ce qui se meut sur terre, et sur tous les poissons de la mer (Gn, IX, 2). Etonnez-vous dans ces conditions qu’Homo Sapiens se croit tout permis. La crise écologique comme conséquence du discours biblique n’est pas malgré tout une fatalité. « Ça n’a pas de sens, écologiquement parlant, d’opposer les droits des hommes à ceux des autres créatures et de la nature en général ». J.B. Callicot exprime clairement sa conviction : « En vérité je vous le dit, nous pouvons enrichir la nature tout en nous enrichissant nous-mêmes ». Le double dividende est bien là.
Il reste la question de l’influence de cet « héritage religieux » sur nos comportements. « S’il est certain que les représentations exercent une influence sur les comportements, il est tout aussi clair qu’elles ne les déterminent pas. Il arrive après tout que les comportements des gens contredisent les croyances, les idéaux et les valeurs qu’ils professent ». Après tout, la Bible n’est peut-être pas la seule coupable de la crie écologique.

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Philosophie du marcheur

Essai sur la marchabilité en ville
Jérémy Gaubert
©Editions Terre Urbaine



Vous serez bien surpris de savoir tout ce qui se passe, tout ce que cela signifie, quand vous marchez dans la rue. De nombreux auteurs ont consacré des thèses ou des essais à ce sujet, à commencer par les philosophes grecs, les fameux péripatéticiens, qui avaient besoin de marcher pour penser. « C’est dans l’ensemble des écoles de la Grèce antique que l’enseignement se faisait pour partie lors de promenades ».

Le bonheur et au jardin

Permaculture, le plus court chemin vers la nature
Carine Mayo
©Terre vivante


Un livre pour le plaisir, Epicure au jardin. Carine Mayo nous invite à jouir pleinement de la nature, celle que vous pouvez voir prospérer dans votre jardin, avec les principes de la permaculture. Ceux-ci vous sont rappelés en annexe, avec la précision qu’ils « peuvent s’appliquer à tous les domaines de la vie ». Une forme de sagesse en 12 points, le premier étant « observer et interagir », et le dernier « Utiliser le changement et y réagir de manière créative ». Une attitude à adopter au départ : « nous devons nous résigner à ne pas tout maitriser ».

Vélotaf

Mode d’emploi du vélo au quotidien
Jérôme Sorrel, illustrations d’Eve Coston
©Gallimard, Collection Alternatives



Le titre est tout un programme. Il s’agit de dépasser le vélo loisir ou sportif, et de considérer la petite reine comme un moyen ordinaire de se déplacer, notamment pour aller au travail, au taf ! Un mot nouveau est né, Vélotaf, décliné parfois en vélo utilitaire, vélut pour les intimes.
C’est ce positionnement ferme en faveur d’une banalisation du vélo qui guide l’ensemble de l’ouvrage. Un livre qui ne s’appesantit pas sur le « pourquoi », mais se concentre sur le « comment ». Ça n’empêche d’ailleurs pas l’auteur de décliner tout un argumentaire en faveur du vélo comme mode de déplacement idéal, comparé aux autres modes. Un chapitre entier qui se termine par les 10 commandements du « vélotaffeur », la personne qui va au taf en vélo. Parmi ceux-ci, on notera de nombreux conseils de prudence, tels que « Roulez à une allure adaptée » ou « ne doublez JAMAIS sur la droite un camion/bus/camionnette » mais surtout un message de respect du piéton « Ne faites aux piétons ce que vous reprochez aux motorisés », un rappel bien utile.

« Les parisiens », une obsession française

Anatomie d’un déséquilibre
Olivier Razemon
©Rue de l’échiquier, 2021


La particularité du livre est de traiter la question sous deux angles complémentaires : le ressenti et la réalité. Quelle question ? celle du poids de Paris d’une part dans nos esprits, la culture populaire des parisiens et des « provinciaux », et d’autre part dans le fonctionnement de notre pays, dans ses volets économiques, politiques, sociaux. Une approche vue des deux côtés, Paris et province, mot aujourd’hui fortement connoté et remplacé successivement par « Région » et « Territoires ».

Le climat après la fin du mois

Christian Gollier
©Presses universitaires de France/Humensis 2019

le climat apres la fin du mois


« L’économie est un sport de combat ». C’est un orfèvre qui le dit, le directeur général de la Toulouse School of Economics. « Pas de victoire possible dans la guerre pour le climat sans une mobilisation générale du peuple et des entreprises ». Le problème est que tout le monde est d’accord « pour que les autres réduisent leurs émissions ». « La démocratie, c’est la tyrannie du court terme ». Il va donc falloir beaucoup d’énergie pour installer le long terme dans les débats, et faire adhérer le plus grand nombre à l’effort nécessaire pour lutter contre le réchauffement climatique et préserver les générations futures.