Refleurir un monde trop plein

Jean Hladik
Les éditions du Panthéon, 2021


Un livre écrit par un physicien et professeur, et qui témoigne des vertus de ces deux qualités. Il offre une bonne synthèse de l’état des lieux sur le climat, et sur l’état des techniques et des solutions disponibles pour relever le défi. Dommage que le discours soit pollué par ce qui se révèle comme une obsession, la surpopulation mondiale. Evidemment, la question démographique est pertinente, et elle est sans doute insuffisamment évoquée, mais elle est ici traitée avec trop de passion pour conserver le caractère scientifique dont l’auteur fait preuve dans d’autres domaines.

Paysages de France en bord de chemin

Georges Feterman et Marc Giraud
© Delachaux et Niestlé, Paris, 2021


Un principe guide ce livre : « la géologie est l’âme des paysages » nous disent en liminaire les auteurs. Avec l’appui de Bernard Deman, ils illustrent leur propos de photos, nombreuses, belles et instructives. 700 au total pour vous faire découvrir les paysages de France (hexagonale, en l’occurrence) à travers le prisme de la géologie, mère de toutes les batailles pourrait-on dire.

Entreprises et territoires en mouvement

Ouvrage collectif sous la direction de Jacques Brégeon et Fabrice Mauléon
Editions ESKA, novembre 2013


Il s’agit ici de compétences collectives. La nécessité de travailler ensemble est devenu un lieu commun, chacun sait qu’il a besoin des autres et qu’il peut apporter aux autres. Les marges de progrès ne sont plus fondées sur l’exploit individuel, qui peut toujours exister, mais sur lequel il ne faut pas compter exagérément. C’est la valeur d’un réseau, des échanges, c’est le langage commun, c’est la capacité à aller au-delà des barrages habituels, issus de longues années de pratiques « en silo », et même souvent en compétition. Mais comment passer de cette fameuse compétition, dont les mérites sont vantés tous les jours, à l’esprit de collaboration ? La compétence collective ne tombe pas du ciel, et n’est pas la juxtaposition d’individualités talentueuses. Il faut la créer, et cette démarche ne s’improvise pas. Comment baliser ce parcours, donner des prises aux responsables des entreprises et des collectivités qui ont choisi d’explorer la voie de la compétence collective.

Rencontre avec des écolos remarquables

L’environnement avance au quotidien
Frédéric Denhez
©Delachaux et Niestlé, Paris, 2021


Voilà un livre constructif, qui rappelle « C’est vert et ça marche » du regretté Jean-Marie Pelt(1), ou Un million de révolutions tranquilles (2) de Bénédicte Manier, ou encore Entreprises et territoires en mouvement (3), de Jacques Brégeon et Fabrice Mauléon, et bien d’autres ouvrages décrivant l’écologie en marche. Effectivement, L’environnement avance au quotidien comme le dit le sous-titre du livre de Frédéric Denhez.

Guide Paris Nature

Nathalie Lévy et Camille Martin
© Editions Gallimard – collection Alternatives, 2021



Un livre qui me rappelle l’aventure de Paris Côté jardin, lancée par les Amis de la Terre dans les années 1980 avec Bruno Ballet. L’ambition de montrer Paris sous un autre aspect, de révéler les richesses écologiques de la capitale pour susciter une demande de protection de ce patrimoine. La reconnaissance de la nature en ville au même titre que les monuments historiques et autres sites remarquables, qui faisaient depuis longtemps l’objet de visites guidées. Au menu notamment les entrepôts de Bercy et l’emprise SNCF délaissée de la Bastille au bois de Vincennes, où résistaient quelques légumes introduits par les cheminots. Au final, des résultats mitigés sur la conservation de ces vestiges de l’histoire, mais un début de sensibilisation qui a porté ses fruits, et notamment ce guide qui s’inscrit dans cette approche, avec l’évolution d’un quart de siècle des mentalités et des attentes.
Après une courte introduction, nous voici donc partis pour 7 balades d’une heure et demi à deux heures, pour « appréhender la ville par le biais du végétal ». « Grâce à ces itinéraires, vous prendrez la mesure du site naturel sur lequel Paris est installé en parcourant ses différents paysages et ses reliefs, entre les plaines alluviales de la Seine et les buttes parisiennes qui offrent des points de vue surprenants ». Rappelons que l’Ile de France bénéficie d’une situation privilégiée, bénéficiant d’influences contrastées, atlantique et continentale, avec des remontées méditerranéennes, ce qui a produit une richesse écologique remarquable. Ce guide vous aidera à les découvrir, dans une approche à la fois historique et biologique, les deux se mêlant intimement dans les parcours proposés.
Vous irez ainsi de la butte Bergeyre à celle du Château rouge, de la Villa Santos Dumont à l’ile aux cygnes, du parc Monceau à la cité des fleurs, du square Viviani au jardin des plantes, de la villa d’Alésia au cimetière du Montparnasse, de la petite ceinture au bois de Vincennes, avec une excursion hors les murs, à Montreuil avec ses murs à pêche et le jardin de la Lune. De quoi vous dépayser et vous instruire, en découvrant de nombreuses plantes que vous rencontrez chemin faisant. Le « guide » vous les présente avec de courtes notes illustrées. Une cinquantaine au total, qui émaillent les itinéraires et dont vous retrouverez un récapitulatif en index. La passiflore bleue et la laitue sauvage n’auront plus de secret pour vous, sans oublier le buddleia (l’arbre aux papillons) et la belladone, ou encore la garance des teinturiers.
Y’a plus qu’à suivre le guide.

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Durer

Eléments pour la transformation du système productif
Pierre Caye
©Les Belles Lettres 2020



« Pour la première fois depuis Marx, un livre, Durer, propose une approche globale du système productif et décrit les outils nécessaires à sa transformation ». Même si le sous-titre comporte le mot « éléments », les ambitions sont là et s’affichent clairement en page 4 de couverture. Durer, le mot fait référence au développement durable, que certains jugent obsolète, mais ce n’est que parce que « nul n’a entrepris de lui donner un contenu cohérent ni d’en asseoir les principes ».

Mésologie urbaine

Augustin Berque
©Editions Terre Urbaine, 2021



Il s’agit d’un recueil d’articles publiés entre 2002 et 2019, sur un sujet dont Augustin Berque est une référence incontestée : la mésologie. Une science ainée de l’écologie, qui lui a progressivement pris sa place mais qui s’en distingue sur le fond, et c’est tout l’intérêt de l’approche d’Augustin Berque de nous faire comprendre ladite distinction. Une observation, au départ : « L’environnement serait-il comparable, des sociétés différentes pourront élaborer historiquement des milieux très différents ».

Genèse. Dieu nous a-t-il placé au-dessus de la nature ?

J. Baird Callicot
©Wildproject, 2009, 2021


Un classique, publié aux Etats-Unis en 1991, en France en 2009, et réédité aujourd’hui. Une approche philosophique d’une question rituelle : Le judéo-christianisme est-il responsable de la crise écologique ? C’est la Bible, plus particulièrement la Genèse, qui est au cœur du sujet. Certaines interprétations laissent penser que « seuls de toutes les créatures, les êtres humains furent créés à l’image de Dieu, et qu’il leur fut donné d’exercer leur supériorité sur la nature et de l’assujettir ». Pour d’autres, « nous sommes les « intendants » de Dieu sur la création – nous sommes chargés d’en prendre soin – et non les nouveaux propriétaires ». Dans les deux cas, un rôle à part, une humanité à côté du reste de la création, plutôt qu’en son sein. L’affaire du fruit défendu, dont la consommation a ouvert les yeux à Adam et Eve, renforce cette posture. Pour J.B. Callicot, la connaissance du bien et du mal est surtout le pouvoir de décider ce qui est bien et ce qui est mal, tout comme Dieu, ce qui explique l’expulsion de nos premiers parents du jardin d’Eden. « Dès lors que les êtres humains devinrent conscients d’eux-mêmes et donc égocentriques, ils commencèrent à jauger la création en fonction d’eux-mêmes. Certains organismes vivants créés par Yahvé, plantes ou animaux, furent déclarés par l’homme « mauvais », nuisibles (…). En revanche, les plantes comestibles et les animaux domesticables sont déclarés « bons » et sont cultivés et encouragés ».
J.B. Callicot le dit avec humour : « Les Ecritures possèdent cette qualité merveilleuse que je qualifie d’ambiguïté créatrice ». Elles sont issues de plusieurs traditions, parfois contradictoires et accolées, laissant ainsi un large espace d’interprétation. Parmi ces sources, la plus récente date du Ve siècle avant JC, au cours d’une période de transition ou l’agriculture se substitue progressivement à la cueillette, et où l’influence des premiers philosophes grecs se fait sentir. L’éviction du jardin d’Eden « représente l’abandon par Homo Sapiens de la « place » écologique qui avait été prévue pour lui dans la nature ». L’humain occupe dès lors une place dominante, renforcée après le déluge : « Et la peur et l’effroi de vous seront sur chaque bête de la terre, sur chaque volatil dans l’air, sur tout ce qui se meut sur terre, et sur tous les poissons de la mer (Gn, IX, 2). Etonnez-vous dans ces conditions qu’Homo Sapiens se croit tout permis. La crise écologique comme conséquence du discours biblique n’est pas malgré tout une fatalité. « Ça n’a pas de sens, écologiquement parlant, d’opposer les droits des hommes à ceux des autres créatures et de la nature en général ». J.B. Callicot exprime clairement sa conviction : « En vérité je vous le dit, nous pouvons enrichir la nature tout en nous enrichissant nous-mêmes ». Le double dividende est bien là.
Il reste la question de l’influence de cet « héritage religieux » sur nos comportements. « S’il est certain que les représentations exercent une influence sur les comportements, il est tout aussi clair qu’elles ne les déterminent pas. Il arrive après tout que les comportements des gens contredisent les croyances, les idéaux et les valeurs qu’ils professent ». Après tout, la Bible n’est peut-être pas la seule coupable de la crie écologique.

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Philosophie du marcheur

Essai sur la marchabilité en ville
Jérémy Gaubert
©Editions Terre Urbaine



Vous serez bien surpris de savoir tout ce qui se passe, tout ce que cela signifie, quand vous marchez dans la rue. De nombreux auteurs ont consacré des thèses ou des essais à ce sujet, à commencer par les philosophes grecs, les fameux péripatéticiens, qui avaient besoin de marcher pour penser. « C’est dans l’ensemble des écoles de la Grèce antique que l’enseignement se faisait pour partie lors de promenades ».

Le bonheur et au jardin

Permaculture, le plus court chemin vers la nature
Carine Mayo
©Terre vivante


Un livre pour le plaisir, Epicure au jardin. Carine Mayo nous invite à jouir pleinement de la nature, celle que vous pouvez voir prospérer dans votre jardin, avec les principes de la permaculture. Ceux-ci vous sont rappelés en annexe, avec la précision qu’ils « peuvent s’appliquer à tous les domaines de la vie ». Une forme de sagesse en 12 points, le premier étant « observer et interagir », et le dernier « Utiliser le changement et y réagir de manière créative ». Une attitude à adopter au départ : « nous devons nous résigner à ne pas tout maitriser ».

Vélotaf

Mode d’emploi du vélo au quotidien
Jérôme Sorrel, illustrations d’Eve Coston
©Gallimard, Collection Alternatives



Le titre est tout un programme. Il s’agit de dépasser le vélo loisir ou sportif, et de considérer la petite reine comme un moyen ordinaire de se déplacer, notamment pour aller au travail, au taf ! Un mot nouveau est né, Vélotaf, décliné parfois en vélo utilitaire, vélut pour les intimes.
C’est ce positionnement ferme en faveur d’une banalisation du vélo qui guide l’ensemble de l’ouvrage. Un livre qui ne s’appesantit pas sur le « pourquoi », mais se concentre sur le « comment ». Ça n’empêche d’ailleurs pas l’auteur de décliner tout un argumentaire en faveur du vélo comme mode de déplacement idéal, comparé aux autres modes. Un chapitre entier qui se termine par les 10 commandements du « vélotaffeur », la personne qui va au taf en vélo. Parmi ceux-ci, on notera de nombreux conseils de prudence, tels que « Roulez à une allure adaptée » ou « ne doublez JAMAIS sur la droite un camion/bus/camionnette » mais surtout un message de respect du piéton « Ne faites aux piétons ce que vous reprochez aux motorisés », un rappel bien utile.

« Les parisiens », une obsession française

Anatomie d’un déséquilibre
Olivier Razemon
©Rue de l’échiquier, 2021


La particularité du livre est de traiter la question sous deux angles complémentaires : le ressenti et la réalité. Quelle question ? celle du poids de Paris d’une part dans nos esprits, la culture populaire des parisiens et des « provinciaux », et d’autre part dans le fonctionnement de notre pays, dans ses volets économiques, politiques, sociaux. Une approche vue des deux côtés, Paris et province, mot aujourd’hui fortement connoté et remplacé successivement par « Région » et « Territoires ».

Le climat après la fin du mois

Christian Gollier
©Presses universitaires de France/Humensis 2019

le climat apres la fin du mois


« L’économie est un sport de combat ». C’est un orfèvre qui le dit, le directeur général de la Toulouse School of Economics. « Pas de victoire possible dans la guerre pour le climat sans une mobilisation générale du peuple et des entreprises ». Le problème est que tout le monde est d’accord « pour que les autres réduisent leurs émissions ». « La démocratie, c’est la tyrannie du court terme ». Il va donc falloir beaucoup d’énergie pour installer le long terme dans les débats, et faire adhérer le plus grand nombre à l’effort nécessaire pour lutter contre le réchauffement climatique et préserver les générations futures.

Ecologie des territoires

Sous la direction de Thierry Paquot
©Terre urbaine, 2021

ecologie des territoires

Il s’agit d’un ouvrage « polyphonique », fruit d’un atelier animé par Thierry Paquot, et réunissant des compétences variées, chaque intervenant devenant l’auteur d’un chapitre. Une ligne directrice pour décliner le titre, qui associe écologie et territoire. L’écologie est la méthode d’appréhension du territoire, en tant que processus, transversal et interrelationnel. Trois vertus pour sortir des approches traditionnelles, car « d’un côté, nous fonctionnons à l’ancienne, et de l’autre nous pensons que ce n’est plus possible ». Un terme résume l’orientation de l’ouvrage, « Biorégion », dans la perspective d’un renforcement de l’autonomie des lieux et des gens.

Empreinte écologique et biocapacité

Bien vivre avec une seule planète
Mathis Wackernagel et Bert Beyers
Terre vivante, 2021


Le sous-titre dit l’essentiel. L’empreinte écologique a été « conçue pour améliorer la vie des gens : il s’agit de nous aider à vivre une vie meilleure et enrichissante dans le contexte d’une seule planète ». Elle ne date pas d’hier. Imaginée par un des deux auteurs, Mathis Wackernagel, et William Rees au début des années 1990, 30 ans déjà, ce mode de comptabilité écologique est animé par un réseau créé en 2003, le Global Footprint Network qui l’applique à de nombreux pays, de nombreuses villes ou régions du monde, et tente de faire progresser la méthode. Il en effet difficile de convertir la diversité du monde vivant en quelques chiffres. Il n’en est pas moins indispensable de représenter la consommation de planète que nous faisons chaque jour, et de la mettre en regard de ce que cette dernière peut fournir, qui est appelée « biocapacité ». Une comptabilité qui peut s’établir à l’échelle de la planète ou d’un territoire, une ville, ou un pays par exemple.

Le grand dérangement

Amitav Ghosh
©Wildproject pour l’édition française, 2021



Quand un professeur de littérature comparée s’intéresse au réchauffement climatique, nous découvrons des facettes discrètes, si ce n’est cachées, en tout cas profondes, de nos civilisations. Amitav Ghosh explore dans cet ouvrage « les fronts où le changement climatique résiste à la littérature et aux arts contemporains ». Il s’agit de littérature, mais aussi de textes politiques, à commencer par l’accord de paris, comparé à l’encyclique du pape François, Laudato si’, documents datés tous les deux de 2015. Une comparaison instructive, que je vous laisse découvrir.

Sauvons la biodiversité

Comprendre pour mieux agir
Catherine Levesque, illustrations RED !
©Delachaux et Niestlé, 2021

Sauvons la biodiversite Comprendre pour mieux agir

Concrètement, on fait quoi ? Tel est le leitmotiv de ce livre au caractère militant affirmé. Un tour d’horizon des enjeux de la biodiversité, avec pour chaque aspect le souci de l’action que chacun peut entreprendre, à son échelle. Chacun, c’est-à-dire les particuliers, en appartement ou en maison avec un jardin, ou petite collectivité, petite entreprise. Echelle modeste, grandes ambitions. Biodiversité, ou plutôt nature, mot qui résonne différemment, comme « se sentir au diapason du monde », biodiversité présentant un aspect plus scientifique, au risque « d’une certaine scientifisation ». L’ouvrage met en évidence le volet esthétique et affectif de la nature. Et même après avoir rappelé les multiples dégradations de l’environnement, l’auteure affirme que « l’émerveillement devrait l’emporter sur le catastrophisme, les rapports chiffrés et la culpabilité ».
Cette réflexion sur le vocabulaire ne l’empêche pas de nous donner une définition de la biodiversité, et même d’évoquer l’origine du mot. Le tour d’horizon auquel elle nous invite nous parle des espèces menacées, y compris les plus modestes, et nous propose des solutions simples à mettre en œuvre. Elle nous parle d’agriculture, pour vanter les bienfaits de l’agroécologie. Elle nous montre le lien entre nos consommations et les pressions sur la planète. Elle évoque les politiques de protection des espaces et des espèces, comprenant la biodiversité ordinaire avec notamment un coup de projecteur sur les bienfaits des haies. Elle nous parle des mares et autres zones humides, toujours en danger, et de la préservation de la richesse des océans. Elle fait le lien entre biodiversité et climat, et avec les pandémies telles que la Covid. Un bon tour d’horizon qui se termine par l’approche militante et la présentation des grands mouvements institutionnels comme les sommets de la Terre et l’UICN.
Outre ce panorama très étendu, l’ouvrage a le mérite de multiplier les références aux actions des ONG, à des réalisations intéressantes, et d’innombrables conseils pratiques pour passer aux actes. Toujours « concrètement, on fait quoi ? »

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L’éco-anxiété ne passera pas par moi

Conseils pratiques pour une écologie sereine
Elise Rousseau
© Delachaux et Niestlé, 2020



« L’écologie, finalement, c’est avant tout un plaisir » nous dit un des personnages principaux de cette bande dessinée, la poule Cocotte. « Oui, c’est pas grave si on n’est pas parfait », lui répond une jeune fille de 14 ans. Il a fallu une séance de psi pour une Cocotte déprimée, pour en arriver là.

Le maraichage sur petite surface

La french method
Christian Carnavalet
©Edition de Terran, 2020



« Voyant leurs terres rétrécir comme peau de chagrin, il y a 180 ans, les producteurs de légumes intra-muros à Paris ont réagi en accroissant la rentabilité des espaces exploités, en multipliant le nombre de cultures simultanées, en serrant les plantes, en les intercalant, en exploitant chaque centimètre carré de leurs exploitations sur les 365 jours de l’année ». De l’ingéniosité et de la technicité pour compenser la réduction des surfaces exploitées. La french « method » est née d’une réaction à une pression foncière, qui pourrait nous rappeler la situation de la planète aujourd’hui : Nous n’habitons pas la même planète que nos aïeux, la leur était immense, la nôtre est petite » disait Bertrand de Jouvenel.

Le vent s’est levé

Dominique Bidou
Préface de Frédéric Mazzella
Editions PC, novembre 2020

Le vent s est lev couverture


Un livre sur la manière de parler du développement durable, de le « vendre » au plus grand nombre, et notamment les décideurs et tous ceux qui sont en recherche du monde de demain. L’introduction donne le ton : « On ne fait pas boire un âne qui n’a pas soif ». Il n’y aura pas de développement durable sans en donner envie à nos concitoyens, d’autant plus qu’il leur revient en bonne part d’en imaginer les contours. Comment « donner soif » du DD ?

Habiter l’air

Projets architecturaux et environnementaux
Michele Boni
©Gallimard – collection alternative – 2020

habiter l air

Voici 30 exemples d’architecture de l’air. Un panorama de réalisations précédé d’un rappel de l’importance de l’air dans notre vie : « L’homme habite l’air dès la première seconde de sa vie ». Nous sommes tous concernés, les architectes, bien sûr, et nous tous qui habitons ou fréquentons des lieux de vie pleins d’air. L’air nous conduit à « représenter tous les éléments invisibles de l’espace de vie, la vitesse, la température, le degré hygrométrique, l’odeur et le son ». Mais l’air est capricieux, et ne se laisse pas facilement attraper. Il est invisible, au point qu’il est souvent confondu avec la dématérialisation, proche de l’absence ou de la disparition. Il est inconsistant, entre le vide et l’espace de possibilités. Il est omniprésent, il est impossible de s’en éloigner. Et il est fragile, alors que « la « pensée de la substance » nous contraint à suivre certains schémas rigides. Le concept d’air comme matériau de construction nous amène à « recourir à un autre type de pensée qui considère le facteur temps et l’imprévisibilité comme élément d’un projet ».