Un risque majeur : l’immobilisme

En ces périodes d’élections, la question de la proportionnelle ne manquera pas de revenir sur la table. Nous connaissons bien l’argument principal de ses adversaires : un petit groupe charnière peut imposer ses vues, malgré sa faible représentativité.
L’argument revient dans l’actualité sous un aspect particulier. Le mode de scrutin majoritaire est sensible à quelques fluctuations de l’électorat, parfois mineures. Un déplacement de 1% des votes peut changer le résultat du scrutin dans une centaine de circonscriptions. Un petit groupe socio-économique tient ainsi le sort de l’élection entre ses mains. L’influence des chasseurs, par exemple, illustre bien ce danger, d’autant plus pernicieux que, contrairement aux votes en assemblée, ceux du suffrage universel sont anonymes, et s’oublient vite une fois l’assemblée formée.

Réflexions de solstice d’hiver : Accepter de changer

Beaucoup de nos contemporains pensent que la vie sera plus dure pour leurs enfants. Ils devront travailler plus longtemps, leurs emplois seront plus précaires, et toutes les avancées sociales auxquelles ils aspiraient deviendront inaccessibles. La crainte du futur est alimentée notamment par la perspective de catastrophes écologiques, de pénuries, et des désordres sociaux qui ne manqueront pas de naître de ces calamités.

Un vieillissement inéluctable

Tous les 5 ans, l’INSEE publie des projections de la population française. Combien serons-nous dans 10, 20 ou 30 ans, quelle composition de la population entre jeunes et vieux, actifs et inactifs, hommes et femmes. La dernière vient d’être publiée dans une note du 29 novembre dernier.
Les questions démographiques sont souvent évoquées : tantôt il s’agit des retraites, tantôt de la population mondiale qui pourrait atteindre des niveaux incompatibles avec la « durabilité » de la planète. Tantôt il faudrait qu’elle s’accroisse, et l’on parle de « bonne santé démographique » de la France, tantôt on s’inquiète de la surpopulation mondiale, la « bombe P ».

Les coûts évités

« Vivre mieux » était un slogan fréquemment affiché par les différents partis politiques, avec souvent une traduction souvent réductrice : Améliorer le pouvoir d’achat. Mieux vivre serait donc consommer plus, si l’on accepte ce raccourci lourd de signification. J’aurai préféré le pouvoir de vivre, pour reprendre le titre du programme de Brice Lalonde aux élections présidentielles de 1981, repris récemment par Laurent Berger. Restons malgré tout dans cette logique du pouvoir d’achat. Il y a deux manières de l’améliorer. La plus classique est d’augmenter les revenus. Vous gagnez plus, et même si « l’argent ne fait pas le bonheur », vous avez le sentiment d’une amélioration de vos conditions de vie.

Anticipation et acceptabilité

Nous le sentons bien, dans la crise sanitaire que nous traversons. Il faudrait prendre des mesures préventives très tôt, dès que les premiers indices d’aggravation ou de reprise se manifestent, par exemple dans les eaux usées, mais l’opinion n’est pas prête. Les beaux jours sont encore là, et il ne faut pas gâter la fête. Les oppositions politiques et tous ceux qui contestent « le système » s’emploient d’ailleurs à critiquer toute mesure qui ne s’imposerait pas par son évidence. La prévention, surtout quand elle est collective comme les vaccins ou le port du masque, a du mal à prendre corps tant que le ciel ne nous est pas tombé sur la tête. Et alors, c’est trop tard, les efforts à consentir sont plus exigeants, ils durent plus longtemps, ils suscitent de la colère et des oppositions virulentes.