Les sciences du comportement, pour introduire de l’humain dans le changement.

Ça n'avance pas. C’est exaspérant. Les mesures à prendre sont bien connues, mais elles n’arrivent pas à progresser, ou si peu… Un constat fréquent que nous faisons, dans la vie privée comme pour les affaires publiques. Restons sur ces dernières. Rappelez-vous la commission Attali, « pour la libération de la croissance française ». C’était en 2008. 316 propositions, que les commentateurs de l’époque avaient trouvées très classiques, un bon résumé des demandes mille fois faites et depuis longtemps par de multiples experts. 316 propositions restées sans suite, ou très peu. Si elles n’ont pas été suivies d’effets, c’est sans doute parce que la question posée n’était pas la bonne. Au lieu de se dire « que faut-il faire », il convient de s’interroger sur « pourquoi ces mesures qui semblent de bon sens ne sont pas prises ». Il y a plusieurs types de réponses à cette question, que l’on peut diviser en deux grandes catégories.

Mémoire de 50 ans d’environnement

C’est le 8 janvier 1971, très précisément, qu’est né le premier ministère charge de l’environnement. Son 25e anniversaire, en 1996, avait été dignement fêté par la ministre de l’époque, Corinne Lepage. Janvier 2021, c’est le cinquantième anniversaire, et c’est le silence radio côté ministère. Aucun message, aucune manifestation particulière. Que signifie ce silence ?
Côté verre à moitié plein, ce silence peut se comprendre comme une reconnaissance. L’environnement est à présent intégré à la vie politique française, c’est un enjeu fort et bien identifié de l’action de l’Etat. Le ministère n’est plus un OVNI, il occupe sa place dans le concert du gouvernement, et il n’est plus besoin de marquer sa spécificité en le célébrant. Souhaite-ton leur anniversaire aux ministères en charge des routes, de l’agriculture ou des affaires étrangères ?

Ici et maintenant

Parmi les bonnes résolutions que nous pouvons prendre en ce début de décennie, une décennie capitale selon tous les experts, privilégions ce que nous pouvons faire, ici et maintenant. Nous savons que si nous devenions tous sages, du jour au lendemain, nous serions encore loin du compte. Il faut plus que la somme des changements individuels pour lutter efficacement contre le réchauffement climatique et la chute de la biodiversité. Il faut des investissements importants, de manière à obtenir des changements structurels, pour dépasser les résultats de nos efforts personnels. Beaucoup d’argent, les centaines de milliards qui peuvent faire peur mais qui ne sont pas hors de portée.