Le développement durable, pour remonter le moral des Français

C'était y a 30 ans. Une rencontre interministérielle intitulée Ecologie et pouvoir proposait cette conclusion : le temps de l'alerte est fini, vient celui de l'action. Et pourtant, j"ai l'impression que nous sommes toujours dans l'alerte. Certes, depuis 1989 de nouvelles inquiétudes sont apparues. Le réchauffement climatique et la dégradation rapide de la biodiversité émergeaient, mais les préoccupations allaient plus aux pluies acides, à la couche d'ozone, à la protection de l'antarctique et à l'éléphant d'Afrique, pour ne reprendre que quelques dossiers emblématiques. Il semblait malgré tout qu'il fallait changer de registre, l'alerte étant entendue, pour laisser la place aux actions. ça va mieux, d'ailleurs, pour la couche d'ozone, et certaines espèces très menacées semblent aujourd'hui en meilleur état qu'alors.

Traviller mieux pour vivre mieux

La question de l'âge du départ à la retraite revient sur le devant de la scène. Toujours une approche comptable, donc en partie fictive et très réductrice. Seule, et c'est le minimum, la pénibilité du travail est prise en considération. La nature du travail est pourtant une variable essentielle, et pas seulement sa pénibilité. Dans notre croyance au progrès social, nous avons du mal à imaginer que retarder le départ à la retraite est une bonne chose en soi. Ce serait plutôt une régression. C'est ignorer que beaucoup aspirent à se rendre encore utiles après le retraite, et pas seulement pour des raisons financières. Travailler plus longtemps, pourquoi pas, mais pour quelles tâches ?

Le vertueux payeur

Le débat sur le prix de l'électricité verte, relancé notamment par plusieurs associations, donne un sentiment de malaise. Le discours officiel repris maintes fois, et notamment dans la charte constitutionnelle de l'environnement, proclame le principe pollueur-payeur. C'est bien normal, celui qui pollue est amené à réparer les dégâts qu'il occasionne, et il paie pour cela. Vous en déduiriez logiquement que les choix favorables à l'environnement sont privilégiés, et qu'ils coutent moins cher à l'usager ou au consommateur que les choix défavorables, ceux qui détruisent la biodiversité, rejettent des gaz à effet de serre, détruisent les paysages et provoquent l'épandages de produits toxiques. Et bien c'est le contraire qui se passe.

Des inerties qui nous coûtent cher

Pour aller vers le développement durable, nous savons ce que nous devrions faire (1), mais nous y allons souvent à reculons, avec regret. Les anciennes pratiques sont encore dominantes. Les subventions aux énergies fossiles restent, à l'échelle mondiale comme à l'échelle française, encore bien supérieures à celles aux énergies renouvelables. Le soutien à l'agriculture traditionnelle, confrontée notamment aux aleas climatiques, bénéficie de bien plus de crédits que l'aide à la transformation de l'agriculture.

Du respect à la symbiose

Le dernier rapport du GIEC préconise une agriculture plus respectueuse de l'environnement, tel est le message que j'entends à la radio. La manière de le présenter n'est pas neutre, et affecte le contenu même du rapport, l'image que chacun se fait de la voie à suivre. Le respect, souvent évoqué, propose une vision bien défensive. Il s'agit de faire attention, de ne pas dégrader le milieu naturel dans toutes ses composantes, biodivesrité, cycle de l'eau, qualité des sols, climat, etc. C'est bien le minimum, et c'est une vision placée de fait sous le signe de la contrainte - Attention à ne pas dégrader - toujours une approche restrictive, propre à brider la liberté de manoeuvre et la créativité.