Les clés d’un sol vivant

Blaise Leclerc
Terre vivante, avril 2017



C’est une forme de retour à la terre. « Le XXIe siècle est incontestablement celui du retour au premier plan du sol comme solution sine qua non d’une agriculture et d’un jardinage durable », nous dit Claude Aubert dans la préface. Un retour qui s’explique par une prise de conscience, celle de la dégradation continue des sols, dans une agriculture mécanisée et soutenue par des intrants industriels.


L’ouvrage est construit en deux parties, l’une pour nous aider à mieux comprendre ce qui se passe dans le sol, et la seconde pour en tirer des enseignements pratiques pour nos jardins. Comment la terre se forme, ses éléments constitutifs, sa texture, sa structure, ses habitants. Ce dernier chapitre est particulièrement important pour les paresseux, car il vaut mieux faire travailler les habitants du sol que travailler soi-même le sol. Et ça marche mieux ! Encore un double dividende, comme on les aime au pays du développement durable. Blaise Leclerc nous donne quelques clés pour mieux connaître le sol de notre jardin, à la main et avec nos yeux, même si quelques analyses en laboratoire ne sont pas du luxe. Son enseignement est abondamment complété de conseils faciles à mettre en application.
Il nous parle des habitats de l’orvet et du ver de terre aux bactéries, et de la manière dont ces derniers agissent sur le sol, pour notre plus grand bonheur. L’enjeu majeur dans les sols est l’oxygène, plus important encore que l’eau et les éléments minéraux.
Il nous parle ensuite du travail du sol, et surtout de la manière de l’économiser. Quels outils, quelles périodes, quelles opérations faire, telles que la préparation du sol, l’incorporation d’apports, les semis, etc. Réduire le travail semble être une de ses préoccupations premières, et ça tombe bien car elle est assez partagée. La voie proposée est simple, donner aux habitants du sol les meilleures conditions pour l’aérer, l’enrichir et apporter aux plantes tout ce dont elles ont besoin. Deux mots balisent cette voie : paillage et compost. Un paillage analogue à la litière en forêt, accueillant pour de nombreux animaux qui décomposent les résidus apportés pour réaliser ledit paillage, et protecteur des rigueurs du climat, violence des pluies ou brulures du soleil. Le compost et les autres apports tels que la cendre de bois et différents fumiers, sans oublier les engrais verts, nourrissent le sol ou la plante en direct, mais attention, il y a des règles à respecter sur les quantités, les moments favorables ou à éviter, et la nature de ces apports.
Blaise Leclerc n’aime pas les recettes, « l’agronomie a horreur des recettes, car bien souvent elles ne fonctionnent pas », nous dit-il. Il a évidemment raison si les recettes se substituent à l’intelligence du jardinier, tout comme en cuisine, mais le pire n’arrive pas toujours. Quoi qu’il en soit, il préfère des « clés », et il vous suggère un trousseau bien fourni plutôt qu’une clé unique. Une diversité de clés pour faire face à la diversité de situations, et à la diversité de vos souhaits.
Des clés bien utiles, présentées simplement et avec de nombreuses illustrations. Le retour à la terre facile et agréable.

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