Alimentation : pour des états généraux ambitieux

Les états généraux de l'alimentation seraient en panne, à en croire Pascal Canfin, directeur général du WWF France. C'est qu'il est difficile de parler d'alimentation sans parler de la vie dans nos campagnes, et de la crise qui y sévit, à la fois économique, environnementale et sociale. Des villages qui se vident de leur population, des services publics qui s'éloignent de plus en plus, y compris les mairies dans un mouvement de concentration orchestré par l'Etat.

Eloge du fonctionnement

Il est de bon ton, en ces périodes de préparation des budgets, de tirer à vue sur le fonctionnement, au profit de l'investissement. C'est là que serait l'avenir, le progrès. C'est aller un peu vite en besogne. Un mauvais investissement, un équipement mal conçu par exemple, peut coûter très cher, et pendant longtemps. Parfois bien plus qu'une erreur de casting en matière de recrutement. le "soft" permet de choisir judicieusement le "hard", et d'en tirer ensuite le meilleur parti. Les études préalables à un investissement peuvent en réduire sensiblement le coût, en le dimensionnant comme il faut, et l'adaptant aux besoins réels.

Un oubli fâcheux

C'est le 19 septembre que les assises de la mobilité se sont ouvertes. 3 mois pour esquisser l'avenir de la mobilité à échéance 2030. Et des collèges pour que tous les acteurs soient représentés, comme au Grenelle de l'Environnemment. En tête du programme, "la mobilité propre". En rentrant dans le détail, on ne retrouve plus que la qualité de l'air, et notamment l'affaire du diésel. Oubliés la pollution de l'eau, la biodiversité et le bruit. La mobilité est source de la moitié des problèmes de bruit, qui reste la nuisance la plus ressentie par les Français, dès qu'il est fait référence à leur situation personnelle et à leur quartier. L'absence du bruit du programme de ces assises est inquiétante pour deux raisons : Tout d'abord parce que la nouvelle politique de la mobilité doit profiter de la modernisation des transports pour traiter cette question. Le niverau sonore des villes est élevé à cause de la mobilité, et le restera, même en divisant par deux la circulation automobile. Ensuite, "et en même temps", pour rester dans l'air du temps, de nombreuses avancées dépendent de la manière dont le bruit est pris en compte. Des transports silencieux permettraient notamment d'utiliser les infrastructures tard le soir, pendant la nuit, et tôt le matin, ce qui les décongestionnerait le jour. Le programme CERTIBRUIT offre une illustration de ce qui peut être obtenu quand le bruit est réellement pris en charge par les acteurs. Quand le bruit est négligé, il se réveille et provoque des blocages. Les riverains des aéroports en savent quelque chose. Il ne peut y avoir d'avenir pour une politique de la mobilité qui ne rendrait pas le bruit en charge avec ambition.

Edito du 20 septembre 2017

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Ne nous trompons pas de combat

Linky. Voici un bon exemple de mauvais combat. Relié par les fils électriques, comme son prédécesseur, il ne fonctionne pas à l'aide d'ondes électromagnétiques. Il produit des informations, mais pas plus que vélib ou vélov, votre carte bancaire, votre smart phone, votre GPS, le moindre achat par Internet ou écoute en ligne de votre musique préférée, sans parler des réseaux sociaux. Linky donne des informations sur la consommation au niveau le plus fin, la basse tension, qui sont particulièrement utiles pour gérer les flux de proximité. Le développement des énergies décentralisées et l'autoconsommation à l'échelle d'un quartier ou d'un village ont besoin de ces informations pour équilibrer les réseaux. L'économie de proximité et d'échange va produire des instruments de ce type, c'est inévitable. Le vrai combat n'est pas de s'y opposer, mais de faire en sorte que ces instruments ne servent pas à instaurer un contrôle social, à des fins politiques ou commerciales. C'est là qu'il faut obtenir des garanties. Small is beautifull, tout comme la vie de village et l'autoconsommation, mais adieu, alors, l'anonymat et la protection qu'il apporte. Le développement durable consiste à dépasser la contradiction et à gagner en convivialité, en qualité des relations personnelles, en économie locale, tout en conservant la liberté de vivre chacun à sa manière, sans pression d'une communauté trop pesante. Le vrai combat à mener est donc sur les garanties à obtenir sur le bon usage des données collectées. Un combat multiforme, plus juridique que technique, et qui demande toute notre énergie. Ne nous trompons pas de combat. Cela évitera en outre de faire croire que l'écologie est toujours contre, par principe.

Edito du 4 octobre 2017

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Les emplois aidés : au-delà le l'emploi, les services rendus.

Les experts sont formels : les emplois aidés ne servent à rien. Ils ne contribuent pas à ctéer de l'emploi durable. Encore une fois, les experts sont prisonniers de leur prisme d'analyse. Ces emplois aidés n'atteignent peut-être pas leurs objectifs côté emploi, mais ils rendent bien des services. Des services utiles, mais qui ne sont pas rendus dans le système classique, du marché ou de l'action publique. Le marché n'est pas solvable, et les budgets des collectivités ne le permettent pas. faut-il pour autant abndonner toute aide aux activités culturelles, environnementales, sociales, éducatives, sportives, etc. auxquels les emplois aidés contribuent ? Le verdict sur les emplois aidés doit intégrer leurs services rendus.